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Lomé - Mauritanie Mali Burkina Togo Benin 2004

Une boucle de 18000 kilomètres en Afrique de l'Ouest, à travers la Mauritanie, le Mali, le Burkina, le Togo et le Bénin. Un voyage de Nicolas Poccard-Chapuis, Daniel Puchet et Thierry Lacazette.

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Récit de Nicolas Poccard-Chapuis

Index

Carte

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Préambule

J’ai écris ce récit rapidement et à chaud, donc parfois il sera un peu décousu ! Afin de faire partager au plus grand nombre cette aventure, il est bien difficile de raconter même l’essentiel sans en oublier les 3/4, tellement il y a de choses à dire... Je reviens donc entier (ainsi que la voiture !) d'un voyage réellement exceptionnel, et j'en ai encore plein les yeux: je ne pensais pas qu'il soit possible de voir autant de variétés de paysages, de pistes, de beaux villages, de villes cosmopolites, de visages, de rencontres authentiques, de manières de vivre, de climats, d'animaux, de couchers de soleils, de bivouacs féeriques, de couleurs, d'odeurs, de fruits, de végétation, de lieux mythiques, de pays … mais aussi de différences par rapport à nos standards occidentaux (pas toujours glorieux …). Participants à l’aventure: trois marginaux, à savoir Daniel Puchet et Thierry Lacazette (récupéré à Bamako jusqu’ou il est descendu par avion) sur KZJ 95, et moi-même avec le 80. Distances réalisées : 8 000 km à la descente (Chamonix - Lomé, capitale du Togo) et 9 500 km à la remontée (boucle par le Pays Dogon et Tombouctou). Tracés différents et aucune piste prise dans les deux sens. Type: goudron rapide jusqu’au bas du Maroc, puis le plus possible de trajets pistes et hors pistes. Terrain rencontré hors goudron : absolument tous les styles, du caillouteux à la tôle ondulée, en passant par les pistes sablonneuses ou de latérite, et le hors piste dans les hamadas ou la savane (seul manque : franchissement de grandes dunes, et pourtant il y en a : évitées fautes de temps suffisant). Gasoil consommé: environ 2 500 litres ! (moyenne 14 litres au 100 tous types de terrain confondus). Déclinaison en latitude : départ entre le 45 et le 46 éme parallèle (Chamonix), et point le plus bas atteint (bord de mer à Lomé) : pratiquement à 5 parallèles seulement de l’Equateur (latitude de la Guyane française, de la Malaisie ou du bas du Sri Lanka) : jamais été aussi bas en voiture pour tous les trois ! Durée: 35 jours de raid, de Chamonix à Chamonix, dont 10 jours de goudron rapide (5 j aller et 5 j retour entre Chamonix et Dakhla, au Sahara Occidental). Rythme finalement assez tranquille en dehors des liaisons goudrons ; plusieurs demi-journées de pauses touristiques ou mécaniques ! (Bamako, Sikasso, Ouagadougou, Lomé). Météo rencontrée : parfaite quasiment de bout en bout, que du beau (un seul jour avec quelques gouttes au bas de la Mauritanie), chaud vers le sud mais supportable, sec et agréable sauf moitié sud Togo/Bénin (tropical chaud et humide, clim bienvenue !). Nombre de bivouacs : 21, tous de style différents et plus beaux les uns que les autres (dont deux avec René et sa famille).

France, Espagne, Maroc, frontière mauritanienne

Départ le jour de l’an 2004 vers midi, petite étape l’après-midi jusqu’à Perpignan, puis J2 traversée autoroutière de l’Espagne (une nuit à Grenade), puis J3 Gibraltar (par Ceuta), passage sans problèmes et rapide du ferry et des frontières; étape tranquille le soir au Maroc à l’Ibis de Casablanca. Le lendemain (J4) direction Tan Tan plage (860 km), avec à midi pause côtelettes de mouton en dessous d’Essaouira, et le soir étape en bord de mer chez Equinoxe (comme d’hab pour ceux qui connaissent !). Le 05/01 Tan Tan / Dakhla (850km), routes goudronnées du grand sud désertes et rectilignes, à midi poulet grillé à Boujdour, puis premier bivouac en dessous de Dakhla, au terme des 2 000 km d’autoroutes France/Espagne et des 2 500 km de traversée du Maroc et du Sahara Occidental, bouclés en 5 jours sans pbs.

Premières pistes en Mauritanie

Un dernier bout de goudron, puis passage de la frontière entre Maroc/Mauritanie : rapide et facile aussi, sortie du Maroc en 1 heure seulement, à Guégararat (sans avoir à passer à Dakhla et sans convoi : ceux qui connaissent apprécieront, et à titre indicatif pour les autres en janvier 2001 avec Nathalie nous avions été bloqués 2 jours et demi !) ; ensuite 20 km de piste dans le no man’s land (miné en dehors des traces), et entrée en Mauritanie tout aussi rapide, malgré le fait que nous n’avions pas de visa pris à l’avance : en France l’ambassade n’en délivre plus, et il faut théoriquement les prendre à Casa au passage, en perdant au minimum ½ journée … : là tout a été bouclé en 1 heure, moyennant 60€ pour le visa. Ensuite après quelques km de piste on retrouve comme prévu Mohamed Arturo, contacté auparavant de France par Internet : il habite Nouadhibou, et nous a préparé les assurances et le change (1 euro pour 310 Ouguiyas Mauritaniens) puis il nous a rejoint comme prévu juste après la frontière : ceci nous a efficacement évité les formalités de Nouadhibou (gain d’une demi-journée au moins : sans cette petite manip il faut descendre au bout de la presqu’île, et trouver un assureur et un banquier par soi-même …). Ensuite nous mettons le cap au sud, nous croisons le train minéralier (par chance il passe au moment du casse-croûte de midi !), puis on attaque gaillardement les grandes hamadas de la baie des lévriers : le raid commence vraiment ! Deuxième bivouac, sous une belle barkane, en Mauritanie.

Pistes et hors pistes, puis plage et Nouakchott

Descente plein sud d’abord par des grandes hamadas vierges, puis par une piste plus à l’ouest qu’habituellement (à la remontée nous trouverons un trajet plus roulant et direct plus proche de l’atlantique, au cap) vers le parc du Banc d’Arguin, dont les chotts sont encore un peu humides mais passent bien. Quelques photos de pélicans plus tard, nous sommes à Nouaghmar (village des pêcheurs aux dauphins de Cousteau) pour aborder la plage qui relie ce village à Nouakchott: c’est la seule route qui relie Nouadhibou à la capitale … Nous avons par contre longé parfois le tracé de la future route goudronnée (faite par des Egyptiens) qui devrait être terminée d’ici un ou deux ans. Les 180 km de plage sont avalés assez facilement en fin d’après-midi, grâce à une marée parfaitement concordante (basse) nous laissant une plage relativement large de sable porteur (ce qui ne sera pas le cas en remontant : mer forte et très peu de marge !). Beau coucher de soleil à Nouakchott, et étape au campement qui s’est monté récemment juste à la sortie de la plage (petits bungalows simples mais propres, et surtout douche chaude bien appréciée !). Donc nous étions à Nouakchott en 6 jours et demi, ce qui correspondait à nos espérances les plus optimistes (je ne vois pas comment on peut faire moins en restant dans le domaine du raisonnable).

Traversée de la Mauritanie, puis piste vers le Mali

800 km. Départ matinal de Nouakchott : ville toujours aussi sale, ambiance austère, voitures dans un état calamiteux (en particulier les R 12 des taxis et les minibus locaux : pas 1 cm carré de carrosserie non cabossé, plus aucun phares, radiateurs et parfois moteurs entiers complètement à l’air: cf. photos !). Bien entendu circulation toujours aussi désordonnée et foireuse, du fait des bouchons, de l’absence du moindre feux ou panneau, de l’état des carrosseries qui ne craignent plus aucun contact, et surtout de l’esprit dominateur et inconscient des conducteurs (essentiellement des Maures): tout se fait selon la loi du plus fort (ou souvent du plus gros), donc on s’en sort pas mal, sauf avec les minibus qui eux foncent littéralement dans le tas et que tout le monde laisse religieusement passer ! (Heureusement qu’ils n’on pas de vrais gros bus, ce serait un massacre !). Ensuite traversée de la Mauritanie par un bon goudron, nombreux villages (sans âme) en bord de route, et beaucoup de carcasses d’animaux percutés par les camions ou véhicules sans freins. Passage à Kiffa que nous connaissons depuis 2001 (arrivée des pistes descendant de Tittjikja), puis au sud-est de la Mauritanie on quitte le goudron pour prendre plein sud une belle piste sablonneuse en fin d’après-midi (à hauteur de Tintane), direction Nioro du Sahel, au Mali. Le goudron nous ayant un peu frustré, nous faisons d’ailleurs quelques dizaines de km de piste de nuit, bien agréables dans ce sable assez porteur et dépourvu de piéges (genres cailloux ou racines cachés !). Bivouac sympa dans une zone de savane sahélienne, mais avec quelques gouttes de pluie ! (même pas de quoi mouiller la tente, et ce seront les seules de tout le raid).

Entrée au Mali par Nioro du Sahel

300 km de piste. Pour relier la Mauritanie au Mali, nous passons par un réseau de superbes pistes sablonneuses typiquement sahéliennes, émaillées de beaux villages, avec habitants accueillants et très étonnés de voir des blancs en 4x4 dans ces coins reculés (ce n’est pas le passage habituel). Nous sommes passés par Touil, dernier village Mauritanien, ou les douaniers n’ont pas manqué de nous taxer 10 euros chacun pour motif de travail supplémentaire un Vendredi (jour de repos des musulmans … ); ils n’avaient pas vu de touristes depuis bien longtemps semble-t-il, et ils ne savaient plus ou était le « tampon » à apposer sur les passeports …: donc ils l’ont cherché dans le village, puis après quelques palabres et hésitations, nous avons pu filer: l’Afrique noire commence bien ici ! Ensuite le réseau de piste s’est densifié en entrant au Mali, et nous avons un peu tournicoter (voir la trace informatique !) pour trouver les bonnes : la région est plus tournée vers la ville de Kayes (plus à l’ouest, côté Sénégal, mais ou je ne voulais pas aller puisque j’y suis passé en 2001) : nous voulions aller vers l’ouest, sur Nioro, mais aucune piste franche n’y mène. Heureusement, nous avons eu la chance de trouver des villageois très sympas pour nous orienter, et nous avons pris à bord à deux reprises des jeunes pour nous guider : super sympas mais très impressionnés par les 4x4 en action, car d’habitude ils prennent ces chemins avec leurs ânes et charrettes: des souvenirs amusants pour eux comme pour nous, surtout au moment du casse-croûte au vu de la nourriture européenne ! Donc sur une trentaine de km de dédales de mini pistes et chemins, nous avons fait une trace à l’ordinateur avec eux à bord pour nous guider jusqu’à la piste de Nioro, puis je les ai ramené dans leur villages respectifs et nous avons repris notre trace (à 1 600 % de grossissement impossible de se perdre : un écart de quelques mètres se voit tout de suite sur l’écran : merci la navigation embarquée et TTQV !). A noter dans les souvenirs divers (lors du jardinage en hors piste) une crevaison dans des espèces de roseaux très résistants : on tente de simplement mécher et regonfler sans changer la roue, et coup de bol cela marche, et tiendra tout le raid ! Pour l’après-midi, à nouveau belle piste bien marquée, toujours sablonneuse et plaisante, jusqu'à Nioro, premier gros bourg du Mali. Formalités d’entrée au Mali simples rapides (on avait les points GPS de la douane et de la Police par René), et sans aucun bakchich (bon point); par contre mauvais point ensuite : piste en très mauvais état sur 80 bornes (pour relier Diéma), faite en plus 5 heures, avec des signes de plantages monstrueux de camions à la saison des pluies : je n’avais jamais vu d’ornières aussi grosses, même avec les engins forestiers dans les Alpes ! Coup de fil surprise et bien sympathique en fin d’après-midi de Jean Huppert sur le téléphone satellite : il m’apprend que le Dakar est détourné pour l’étape Néma Mopti (pour raisons de sécurité). Les jours suivants nous déciderons finalement de descendre plus au sud que prévu, et à la place de la remontée initialement prévue vers la « mythique » Tombouctou, nous irons dans un premier temps beaucoup plus au sud que le Mali et le Burkina (prévus dans le trip initial), jusqu’au golfe de Guinée par le Ghana, leTogo, et le Bénin. Bivouac sympa vers Diéma, avec le thermomètre qui commence à rester autour de 20 degrés minimum la nuit : acceptable pour un mois de janvier ou il fait – 10 chez nous !

Diema - Bamako puis bivouac après Bamako

350 km. Descente sur Bamako, ou l’on attrape le goudron finalement qu’assez tard (Diédéni) et à environ une centaine de bornes de la capitale (et encore depuis peu, grâce à nos impôts: financement européen et belle route faite par la Colas comme en France !); mais ce beau goudron se mérite au prix fort, car après la piste défoncée entre Nioro et Diéma de la veille, dés le matin il y a 180 km de la première belle piste en latérite large et plate que l’on rencontre, mais hélas en tôle ondulée à camion assez féroce. C'est d’ailleurs la seule zone du raid ou je n'ai pas osé laissé le tougbook "online" (sinon il a résisté à tout sans problèmes tout le long du périple); il faut bien entendu théoriquement rouler soit à moins 20 km/h, soit à plus de 80, mais en pratique c’est moins simple …. Cette partie Nioro / Diédéni aura été je pense la plus difficile de tout le raid au point de vue de l’état des pistes : donc il vaut mieux descendre de Mauritanie au Mali soit par Nampala, soit par Néma. Heureusement la piste est large et en ligne droite dégagée: donc finalement vite envoyée, et nous sommes à Bamako vers midi : ville Africaine typique et désordonnée, mais finalement assez plaisante, avec des habitants pleins de vie et de bonne humeur. La chaleur commence à être nette aux heures chaudes de la journée, la clim commence son raid ! Le pont avant lui n'a pas trop apprécié les pistes difficiles, et une attache de tirant donnant des signes de faiblesses (fissure dans la soudure d’origine) : donc reprise de la soudure "à l'Africaine" à Bamako à la « concession » ( !) Toy locale: sans problèmes, et comme d'hab rapide et sans rendez-vous (on a plus l'habitude chez nous !!), mais elle ne tiendra pas le coup et il faudra la reprendre à Ouagadougou. Au passage j’en profite pour faire une petite remise en forme du 80 : changement des 4 amortisseurs (soit disant renforcés, OME australiens … : 2 sur 4 perdaient de l’huile après 400 bornes de piste …) pour remettre des origine (qui feront la fin du raid sans problèmes : un peu mous mais solides), vidange moteur et changement de tous les filtres. Pendant ce temps Daniel a récupéré Thierry comme prévu, qui était arrivé la veille par avion et nous attendait à l’hôtel Mandé au bord du fleuve Niger : bonne synchronisation ! Le soir bivouac entre Bamako et Sikasso, en direction du sud.

Sikasso

300 km. Arrivée en milieu d’après-midi à Sikasso ou l'on rejoint le René et sa famille : étape ô combien sympathique, avec visite de la ville et de son marché haut en couleurs (et voitures du Dakar qui vont sur Bobo Dioulasso : les flics voulaient absolument nous envoyer de l’autre côté de la ville, persuadés que nous étions avec le rallye)! Grand nettoyage des hommes et des habits, puis bon bain dans la piscine (fort appréciée). Quelques dizaines de photos de Mikaël (le petit dernier de la dynastie Poccard-Chapuis) plus tard, et après un bon vrai repas le soir mijoté par Neidge, une bonne nuit dans un lit normal !

Sikasso, entrée au Burkina, Ouagadougou

575 km. Départ tranquillement dans la matinée de Sikasso, et passage au Burkina "en douce" par des pistes (prises dés la sortie de la ville) toutes plus belles les unes que les autres, assez trialisantes au début puis devenant plus roulantes, bien que souvent étroites et peu pratiquées par autre chose que vélos et mobylettes (à voir l'air éberlué des villageois voyant débarquer 2 4x4 dans des coins aussi reculés, cela doit être rare !). Une fois de plus grande utilité de la navigation embarquée, avec mention spéciale aux cartes 200 000 emes de l'armée française, encore tout à fait précises et d'actualité; bonne utilité aussi des cartes satellites pour repérer les rochers, falaises, ou là ou les gués paraissent franchissables (ils ont eu pas mal de pluie cette année, et certaines rivières du Burkina et du Ghana nous ont laissé un souvenir ému lors de leur franchissement); nous avons suivi des itinéraires inenvisageables sans cet outil. Nous traversons de très beaux villages (cases africaines typiques) ; ils sont en pleine saison de récolte du coton : dans chaque village il y a plusieurs gros tas de coton prêts à être chargé dans un camion (dont la venue était assez hypothétique semble-t-il : il n’y en a plus assez depuis les évènements politiques en Côte d’Ivoire …). Entrée au Burkina par Sifarasso, ou les douanier n’ont pas de papiers ni tampons pour nous : ils n’ont visiblement jamais vu passer de touristes en 4x4 ; du coup on rentre plus ou moins officiellement … en fraude : ils ne nous obligent pas à rebrousser chemin sur le Mali, c’est déjà pas mal ! Ensuite piste plus large et roulante vers Sindou (beaux pics rocheux), puis Banfora ou nous retrouvons le goudron. Nous longeons ensuite la belle falaise de Banfora (vue dégagée au dessus des plaines de savane), puis on traverse Bobo-dioulasso (journée de repos du Dakar ce jour là: on passe vite), et direction la capitale que l’on décide d’essayer de rallier ce même jour. L’arrivée à Ouagadougou restera pour nous un grand moment : en fin d'après-midi, la nuit tombant, avec un trafic indescriptible très dense, fait de vélos/charrettes/ânes /chèvres/camions antiques sans aucun feu/voitures (toutes pourries)/mobylettes slalomeuses...et j’en passe, le tout bougeant dans toutes les directions possibles, dans une cacophonie de klaxons et de bruits divers, avec en prime des piétons déboulant en tous sens avec une inconscience démoniaque: impossible de dépasser les 20/25 km/h sur une 4 voies pourtant comestible concernant le revêtement ! Nouakchott (déjà nettement plus merdique que n'importe ou au Maroc) est vraiment une promenade de santé à côté, la densité démographique étant beaucoup plus forte à Ouaga; enfin, on s'est bien marré, mais je ne pensais réellement pas que l'on puisse vivre un tel cirque au volant: belle expérience, et merci à nos puissants phares ! (tout le monde se barre en croyant que c’est un monstre camion qui arrive, puisque leurs phares anémiques ne fonctionnent que rarement normalement). Ouaga est une ville tentaculaire, avec plusieurs millions d'habitants, et on commence à rentrer dans l'Afrique noire profonde tant au niveau ethnique que climatique: évidemment très dépaysant, et très plaisant, mais pour quelques heures seulement lors d’une étape de passage. Coup de bol : on a déniché un Hôtel correct (cité dans le petit futé, bien fait pour le Burkina) : douche et clim (bruyante, mais c’est mieux que rien !)

Au sud de Ouagadougou

200 km de piste. Après une matinée à Ouaga, passée à découvrir la ville et à renforcer la soudure du pont avant, l’après-midi descente plein sud du Burkina par 200 km des pistes (qui commencent après Manga) : latérite roulante très plaisante, avec une végétation qui progressivement s'épaissit, pas mal de baobabs, et des villages de cases tous plus beaux et préservés les uns que les autres. On traîne et on s’arrête faire des photos fréquemment; contacts avec les villageois très sympathiques (ils ne voient que très rarement des touristes : pas de « contamination » et rapports normaux et sincères tout à fait possibles). Un super bivouac de plus, avec beau coucher de soleil Africain sur la savane : dépaysement garanti !

Passage du Burkina au Ghana

250 km. Le matin on continue notre descente plein sur, empruntant des petites pistes en réseau dense, qui finalement nous amènent au Ghana (non prévu initialement, mais pistes impraticables pour rentrer directement au Togo): là encore changement total, avec pays anglophone (et influence anglaise encore très présente), beaucoup d’eau (plusieurs très belles rivières), villages et ethnies bien différents. Les gens sont plutôt curieux car ils ne voient visiblement que très rarement des touristes en 4x4 (qui aurait l’idée d'aller au Ghana !!) : on perfectionne notre anglais ! Les passages de contrôles et frontières sont un peu plus tendus et chaotiques : en effet, nous n'avions pas de visa (obligatoire pour le Ghana, et pris à l’avance en France ou à la capitale, à 1 000 km), ni aucune autorisation. Donc arrangements à l'Africaine, discussions un poil hypocrites (des deux côtés!), et finalement on s'en sort comme d'hab en y laissant quelques dollars (anglophone oblige !) et quelques bières, le tout dans une ambiance bon enfant en parlant un mélange anglais/français/dialect local: là encore expérience amusante et enrichissante ! A noter que dans ces pays encore plus qu’ailleurs, tous nous prennent pour des « martiens » (au minimum) au vu du GPS et de la navigation embarquée sur ordinateur ! D’ailleurs, contrairement à ce que je pensais avant, la plupart du temps c'est un très bon instrument pour détendre la situation et amorcer le passage de la frontière ou du contrôle de police: quand ils voient leur propre position sur l’écran, ils ont du mal à le croire et à l'intégrer, alors du coup ils rigolent et nous laissent passer ! Nous n’avons pas rencontré de pays « no computer » comme la Libye (donc nous avons tout laissé en place, VHF comprises, du début à la fin du raid, sauf pour le passage à Ceuta). Retour ensuite l’après-midi au Togo: là pas de problèmes, le visa est donné directement à la frontière pour les français (a senkansé : il faut remonter quelques km au nord), et il n’y a plus pas l’obstacle de langue ! Ravitaillement un peu plus au sud à Dapaong, puis on entame une grande boucle de piste que nous avions repéré sur les cartes Russes (par Tami, en longeant en fait la frontière Togo-Ghana). Là encore très belle piste en latérite roulante et très beaux villages remplis de villageois sympathiques. Bivouac après Sanssanné, 10 km à l’est de la frontière avec le Ghana, en pleine savane.

Petite piste puis Atakpame et entrée au Togo

400 km. On poursuit la piste plein sud démarrée la veille, toujours aussi belle, sauvage et émaillée de paysages changeants, de beaux villages (on les imagine tels quels il y a quelques millénaires: absolument rien de moderne n'y est encore arrivé). La piste devient de plus en plus petite, puis elle n’est quasiment plus qu’un chemin, mais on peut tout de même progresser en hors-piste (terrain très plat). On hésite quand même à rebrousser chemin, car côté cartes pour le Togo (comme pour le Burkina et le Bénin), je n'avais plus que les 500 000 émes russes (et les satellites, pas les 200 000 emes françaises comme pour Mali Mauritanie) : mais elles sont sommes toutes assez précises, et très utiles en tous cas: les pistes n'ont que très rarement changé d'emplacement depuis les années 50 ! La population Togolaise (comme celle des autres pays d’Afrique noire traversés) est vraiment ultra sympa et accueillante, et pas du tout pourrie par un quelconque tourisme: un vrai régal pour les relations authentiques. Le matin grand souvenir : nous avons fait une pause de 2 heures consacrée à la visite complète d’un très beau village de cases, avec présentation au chef,, invitations diverses, et discussions curieuses animées avec les hommes, mais aussi femmes et enfants ; aucune chose demandée en échange (nous laissons çà et là des médicaments et conseils médicaux au gré des besoins, et prenons une adresse internet pour envoyer des photos au « cousin de la ville » !). Ensuite nous continuons plein sud, grands sourires et grandes salutations de tous au bord des pistes (même si on leur soulève de la poussière, bien qu’allant doucement) ; leur expression favorite très sympathique étant d’ailleurs « bonne arrivée ». Les femmes des villages, souvent très ouvertes et rigolardes, sont actives mais ne paraissent pas du tout opprimées. L’ensemble donne une impression de grand changement par rapport aux populations arabes plus au nord, ou les gamins sautent jusque sur la galerie en demandant n’importe quoi (quand ils ne vous jettent pas de pierres …). L’ambiance en Afrique noire est donc infiniment plus tranquille, et c’est bien appréciable et un peu nouveau pour nous ; nous pouvons vivre normalement, s'arrêter et même bivouaquer dans un village ou à côté sans être envahi de partout : les connaisseurs apprécieront! Dans l’après-midi la piste devient encore plus étroite et difficile suivre (seuls des vélos/piétons y passent), mais comme les villageois questionnés au fur et à mesure de notre avancée nous disent tous que cela passe, on insiste et on fini par retomber sur des pistes plus marquées venant du sud : au total un parcours vraiment exceptionnel. Ensuite nous reprenons un peu le goudron plein sud pour avancer un peu et rester dans un timing raisonnable (il faut du temps pour remonter de si loin !). Nouveau bivouac enchanteur vers Atakpamé (vers le 1/3 sud du Togo), après une visite au marché nocturne local, bien animé et ou l’on a goûté la cuisine locale: assez original, mais un peu rude pour nos estomacs fragiles !

Atakpame - Lomé

250 km. Le matin, à nouveau piste avec une grande boucle cette fois-ci de à l’Est côté Bénin, par Ontivou et Tohoun (latérite, avec quelques passages de tôle ondulée pas trop méchante). Nous longeons un lac artificiel (barrage fait par la CEE) le long de la frontière du Bénin : rencontre avec un groupe de pêcheur bien sympathique (homme femmes et enfant : tout le monde participe à la pêche !). Ensuite nous traversons de nombreux villages spécialisés dans le bois et le charbon de bois, puis on reprend le goudron en début d’après midi à Notsé (ou l’on achète des ananas succulents). Après déjà de nombreuses belles journées de pistes dans le Burkina Ghana Togo « profond», autre grand changement ensuite: le 1/3 sud du Togo devient rapidement tropical, avec végétation luxuriante omniprésente, arbres exotiques (bananiers ...), pistes en latérite très rouge et aussi climat très nouveau avec grosse chaleur et grosse humidité, difficilement supportable pour les organismes européens (bien que l'on soit au plus froid de l'année en janvier dans ces contrées!): la clim a fonctionné non stop, et nous nous sommes réfugié dans le nouvel Ibis de Lomé, capitale du Togo. C’est le point le plus au sud que nous ayons atteint (6 éme parallèle seulement, alors que Chamonix est au 45 éme : nous sommes à quelques centaines de kilomètres seulement de l’Equateur !). Nous avons même pu rouler et faire des photos sur la plage, à quelques mètres de l'océan Atlantique, dans le golfe de Guinée (par contre pas de baignade: rouleaux, courants, et requins !). Donc là encore grand moment de voir la mer au bout du capot après tant de pistes et de sable. Nous sommes alors bien loin de chez nous, avec déjà plus de 8 000 km au compteur..

Traversée Togo Bénin, on remonte...

130 km. La forme est bonne pour les voitures et pour les hommes, et nous traînons jusqu’en milieu de journée pour se reposer à l'hôtel (en profitant de sa piscine, bien que trop chaude à plus de 30 degrés: impossible de se rafraîchir sous un soleil de plomb et un thermomètre plus haut qu'en Août dernier en France !). Balade dans Lomé, ville assez cosmopolite et amusante, population toujours aussi sympa (mais très dense !). On réussi à trouver quelques cartes postales, et à acheter quelques souvenirs d’artisanat local ; repas de midi à l’hôtel puis départ pour le Bénin, en longeant l’Atlantique et le golfe de Guinée sur une centaine de km : cela nous change du désert et de la forêt tropicale ! La frontière Togo Bénin se passe sans problèmes particuliers, car assez bien organisée et pas trop de monde. Ensuite petit pincement au cœur : le cap du GPS passe de 180 à 0 degrés : pas de doute, on tourne le dos à la mer et on remet le cap vers le Nord … Nuit dans un petit hôtel sympa trouvé au pif à Lankossa, ou l’on discute avec des gens du Nigeria (tout proche) : ils ont beau nous assurer que le pays est beau (cela on en doute pas) et sécurisé (là c’est moins évident …), nous remonterons sagement par le Bénin en longeant le Nigeria mais sans y rentrer.

Remontée au Bénin

540 km. Le matin halte dans un village amusant avec autour de l’église cours de catéchisme en plein air (nous étions Dimanche) : tous le villageois sont là, tous très bien habillés et coiffés, y compris les enfants : nombreuses photos dans une ambiance sympa ! Ensuite belles pistes jusqu’à Abomey, haut lieu et ville symbole du chamanisme : l’ambiance n’est pas la même (les rites chamaniques étant totalement loufoques et débridés, sacrifices de poulets à gogo et inscriptions bizarres sur les murs !) ; enfin très amusant au second degré ! Puis remontée toujours plein nord par Savé et Parkou ; nombreux villages émaillés de statues célébrant la fin de l’esclavage (le Bénin était un gros vivier : Cotonou, l’actuelle capitale, a été crée pour embarquer les esclaves sur les bateaux). Par contre pas d’animosité particulière ressentie. Bivouac après N dali, parfait le soir mais très perturbé le matin par un problème inhabituel : une attaque d’abeilles ! (nous devions être sur leur territoire) ; on a tout plié en catastrophe pour aller faire le café à 10 bornes. Les abeilles africaines sont plus petites que chez nous, mais très agressives : elles vous foncent littéralement droit dessus pour vous piquer, et leur venin est costaud (j’ai été piqué par 6 ou 7 : résultat fatigue, mal de tête et nausées jusqu’au soir !).

Frontière Niger

310 km. Journée un peu spéciale : le matin remontée au nord par Kandi puis Malanville, avec l’espoir de pouvoir rentrer au Niger (pour suivre ensuite le fleuve Niger jusqu’à Gao et éventuellement Tombouctou : beau projet, à faire un jour !). A la frontière formalités de sortie du Bénin sans problèmes, puis traversée du fleuve Niger (pont), mais de l’autre côté cela se gâte: au poste frontière Nigérian, contrairement aux autres pays traversés ou le visa d’entrée nous a été donné à la frontière, les policiers/douaniers sont inflexibles et incorruptibles (si si, il y en a quelques uns !) : impossible de passer sans visa, on a tout essayé ! Ils veulent nous renvoyer à Cotonou au Bénin (tout au sud du pays) pour prendre un visa à l’ambassade du Niger … : donc finalement nous rentrons à nouveau au Bénin (policiers sympas : on ne repaye rien). Nous décidons pour la suite de repasser par le Burkina en longeant le parc national du W (à cheval sur Bénin, Niger, Burkina) : donc nous redescendons un peu sur Kandi, puis on prend une grande piste pour Banikoara : piste à camion (coton) large, mais en tôle ondulée sur 80 km environ. Après Banikoara petites pistes ou les camions ne passent plus : elles deviennent agréables et sablonneuses (mais poussiéreuses : nous roulons à 2/3 bornes l’un de l’autre : nous imaginons les dégâts avec un groupe important !). Ces pistes qui passent du Bénin au Burkina sont très peu usitées, et ont un caractère sauvage, avec beaucoup de singes (dont certains de grande taille, avec des dents respectables et une attitude pas franchement amicale : nous bivouaquerons plus loin !). A nouveau beaux villages, mais bien isolés et perdus au milieu de nulle part … Finalement bivouac dans une zone d’oiseaux et de singes bruyants (ambiance savane !) mais petits, a 30 km de la frontière Bénin/Burkina.

Passage Bénin, Burkina puis Ouagadougou

530 km. Le matin, poursuite de la même piste de la veille, qui devient pierreuse et quasi-trialisante pour traverser un petit massif rocheux et montagneux, frontière naturelle entre le Bénin et le Burkina. Ensuite elle redevient de plus en plus large et roulante, type latérite rouge bien plate. Formalités d’entrée au Burkina sans problèmes à Tansarga pour la douane (voiture), mais pour les personnes (police) rien n’était prévu à cet endroit : comme à la descente nous ne ferons pas d’entrée « officielle » sur le passeport (nous aurions pu nous passer de visa pour les deux traversée du pays !). Poursuite de la belle piste roulante par Diapaga jusqu’à Kantchari, ou l’on rejoint le goudron en milieu de journée. Après un casse croûte sous un gros baobab, liaison goudron jusqu’à Ouaga ou l’on arrive (cette fois de jour) à l’hôtel Amiso comme la dernière fois.

Ouagadougou, Djibo (nord Burkina)

200 km de piste. Nouvelle matinée passée à se reposer et à se balader dans la capitale Ouagadougou, que l’on commence à bien connaître. J’en profite à nouveau pour faire reprendre un peu la soudure du pont avant (elle tiendra cette fois-ci jusqu’en France). En fin de matinée départ plein nord pour Djibo, au nord du Burkina : la piste commence dés la sortie de la ville, large et roulante, quelques passages de tôle ondulée, mais acceptables. Nous traversons une région plate et aride, pré sahélienne (et certainement plus pauvre encore que le sud du pays).

Passage du Bénin au Mali

140 km (piste). Les pistes entre les deux pays sont visiblement peu utilisées, et sont assez étroites et sinueuses mais très plaisantes et variées. Nous faisons une halte de deux heures environ au village de Baraboulé (le dernier du Burkina) que nous visitons, puis discussion amusante avec les autorités locales (policiers/douaniers !) qui sont contents de voir des touristes (photos numériques renvoyées par mail : chacun s’est fait prendre en photo à son poste de travail !). Il y a dans ce village une « marre aux crocodiles » (sans crocodiles comme d’habitude : piége à touriste !). Formalités de sorties du Burkina sans problèmes (bien que nous n’y soyons pas entré officiellement), tout s’étant arrangé avec une histoire de poulet : en effet, puisque le douanier en avait acheté quelques uns la veille, nous lui en avons acheté un (au prix touriste : aux alentours de 3 euros …), qu’il nous a sur le chant estourbi, vidé et plumé : direction le frigo pour une petite grillade le soir au bivouac ! Ensuite rentrée au Mali par Dioulouna et Mondoro : très belles pistes et très beaux villages de style complètement différents, l’influence Dogon se faisant sentir. Chaque case a son petit grenier à céréales, avec les toits qui commencent à être en chapeaux pointus (Dogon); aspect progressivement un peu plus « riche » des cultures et villages ; pas mal de beaux puits et de belles mosquées (l’islam paraît ici assez tolérant, notamment pour les femmes). Rencontre aussi avec les premiers touaregs et nomades Peuls, aux traits moins négroïdes et de plus en plus arabes : nous remontons bien vers le nord ! Bivouac fabuleux prés des monts Hombori, au sud du Boni (vestiges d’un plateau de grès très dur en cours d’érosion lui aussi, mais avec quelques millions d’années de retard par rapport au reste du Sahara !) ; certainement l’un des plus beaux bivouac du raid, d’autant plus que l’on s’est arrêté assez tôt une bonne heure avant le coucher du soleil pour en profiter pleinement. En plus nous sommes tombés sur un coin rempli de bois mort : parfait pour faire de bonnes braises et griller le poulet acheté le matin au poste de douane du Burkina : très charnus et très bon !

Mopti, Bandiagara

400 km. Après un début de matinée occupé à suivre une nouvelle très belle piste roulante dans les cadre majestueux des Monts Hombori, passage à Boni (beau village au pied d’une falaise abrupte de 400 mètres de hauteur : de quoi faire des belles voies d’escalade !), on tombe comme prévu sur la bonne route goudronnée (française) qui relie Mopti à la région de Gao (extrême est du Mali aux confins du Niger, ancienne ville caravanière prospérant du trafic d’esclaves, désormais en net déclin, mais porte d’entrée du mythique Ténéré … : j’espère bien pouvoir y passer un de ces jours !). Nous rejoignons donc Mopti par la route (via Dourentza, point de départ de la piste de Tombouctou que nous prendrons après avoir visité le pays Dogon). Arrivée à Mopti en fin de matinée, visite du port et des rives du Niger : beaucoup des belles images de barques et bateaux effilés, et contraste de ce pays d’eau et de marais par rapport aux plaines arides de la savane et du Sahel. Nous trouvons un petit restaurant paraissant comestible au bord du fleuve, mais il se mérite : il faut en effet pour y accéder traverser le marché aux poissons de Mopti ; or il y a bien du poisson frais (un peu), mais les locaux semblent surtout consommer du poisson séché et plus ou moins pourri (d’énormes tas de poissons faisandés jonchent le sol !), d’ou une odeur difficilement supportable, ou tout au moins largement de quoi vous couper l’appétit ! (heureusement au restaurant il y avait autre chose que du poisson : poulet grillé !). Comme convenu nous retrouvons ensuite René au carrefour de Sévaré, vers la station service, chacun étant pil poil à l’heure : retrouvailles assez étonnantes après un tel périple ! (eux sont partis tôt le matin de Sikasso, Neidge et Mickael compris). Nous faisons les pleins (après avoir passé plusieurs stations service à sec en gasoil), puis direction le pays Dogon, par Bangiagara (route toute récente) puis piste super-sympa au dessus puis en dessous de la falaise de Bandiagara que nous allons longer (par le bas) tout le lendemain, le long des multiples villages semi troglodytes très typiques et jolis. La descente de la falaise se fait par une piste assez accidentée et montagnarde, ce qui nous fait drôle après des jours et des jours de paysage plat ! (la falaise fait plusieurs centaines de mètres de haut). Une fois en bas à Kani Kombolé, on reprend direction nord-est une toute petite piste qui serpente au bas de la falaise, illuminée par le couchant. Un peu plus loin (à Endé) nous trouvons un petit campement bien agréable, récemment ouvert pour accueillir les trekkeurs; ceux-ci sont en effet nombreux au pays Dogon, le plus souvent des français, mais nous n’en verrons que quelques uns (les menaces au Nord Mali, c’est à dire 1 500 km plus haut tout de même, semblent en avoir découragé plus d’un …). Donc nous avions le campement pour nous seuls, et nous avons pu rentrer dans la cour les 3 voitures, ensuite chacun a choisi sont mode de logement : une petite chambre classique (dans une case) pour Daniel, René et sa famille dans le Toyota (il s’était installé lui aussi un « lit » intérieur), et Thierry et moi à la belle étoile sur le toit d’une maison : belle nuit étoilée, température idéale, mais pas mal de bruits avec les volailles des alentours (nous nous vengerons au petit matin en sélectionnant 2 pintades à manger !). Avant la nuit soirée bien sympathique avec poulet grillé chez les voisins (dans une case qui avait du feu); pas d’électricité dans ce village.

Ende Dourentza (pays Dogon)

160 km. Très belle journée bien remplie, en compagnie de René : avant le départ choix des deux pintades (qui nous ont cassé les oreilles une partie de la nuit !) que l’on fait plumer et préparer, puis je comme d’hab direction mon frigo (déjà assez vide !), en vue d’une grillade au bivouac du soir. Ensuite nous continuons la petite piste débutée la veille, qui poursuit son trajet au pied de la falaise, nous permettant de découvrir de nombreux villages, tous aussi beaux les uns que les autres, certains étant classé au patrimoine mondial de l’Unesco (mais ce ne sont bizarrement pas les plus beaux et les plus conservés !). Les gens sont sympas, mais déjà un peu « touristisés », un peu plus quémandeurs, notamment les femmes (très « décorées ») qui demandent 1 000 francs CFA (1.5 euros) pour une photo : donc on s’abstiendra d’aggraver le système, et je n’aurais pas de photo d’elles ! On se perd un peu vers Konsongoulé, puis on retrouve la bonne piste en prenant un jeune du coin abord du 80 : très content de ce petit tour dans le sable mou, dans lequel il devait être persuadé que l’on allait se planter (permettant ainsi à tous ses copains de venir nous aider, en échange de quelque chose bien entendu … ) ; mais tout le monde passe les obstacles et la piste sablonneuse piégeuse sans encombre, donc il est le seul à profiter du paquet de gâteau ! En fin d’après-midi la piste s’éloigne de la falaise de Bandiagara pour se diriger vers les grandes plaines (qui se poursuivent jusqu’au Burkina), puis remonte au Nord sur Dourentza que l’on atteint en fin d’après-midi. Achat de quelques fruits, gros pleins de gasoil et d’eau, puis on prend la piste de Tombouctou qui démarre plein nord juste derrière l’unique station service (heureusement approvisionnée) de Dourentza. Le pompiste et la police locale nous confirment n’avoir eu vent d’absolument aucun problème dans le secteur de Tombouctou. Donc finalement non seulement nous aurons été jusqu’au Golfe de Guinée (non prévu dans le projet initial), mais en essayons d’aller tout de même à Tombouctou (objectif plus ou moins abandonné suite aux évènements du Dakar). Nous saurons par la suite qu’en fait il n’y avait aucune menace réelle, mais que l’organisateur du rallye avait prévu deux étapes marathon beaucoup trop dures entre Maroc et Mauritanie, et qu’il a cédé à la demande insistante des gros Teams usine (pleins aux as) pour neutraliser une ou deux étapes le temps de refaire toutes les voitures ; il fallait alors trouver quelque chose pour avoir l’air crédible : même topo que quand ils ont sauté le Niger il y a quelques années. Donc simple histoire de gros sous, mais grosse frustration pour les Maliens (dont certains s’étaient lourdement endettés pour profiter commercialement du passage de la caravane du rallye). Deuxième bivouac avec René, cette foi-ci en pleine savane, une quinzaine de km au dessus de Dourentza, un peu à l’écart de la piste de Tombouctou, vers les dernières falaises des monts Hombori : une fois de plus arrêt assez tôt et nous profitons pleinement de la fin d’après-midi et du coucher de soleil. Visite de sympathiques de nomades, très étonnés de nous voir ici, mais surtout intrigués par les ordinateurs (surtout quand ils se voient sur l’écran suite à photo numérique !) et encore plus peut-être par le petit bébé blanc : nous aurons d’ailleurs la visite matinale le lendemain de leurs femmes, accompagnées de leurs (multiples) bébés de cette tranche d’âge: comparaisons diverses et photos amusantes à la clef ! Le soir comme prévu grillade de pintade, très bonne, et bien accompagnée par le riz de Neidge (nettement meilleur que le nôtre !). Mikaël s’endort sans problèmes, comme la veille, quand on le met dans la voiture : il est vraiment facile, et n’aura causé aucun soucis bien que trimballé partout en 4x4 pendant 2 jours.

Dourentza, Bambara, Tombouctou, lac Fati

310 km. Le matin départ tranquille : René repart par la piste de la veille sur Dourentza (puis Mopti et Sikasso), et nous prenons plein nord la piste de Tombouctou, assez bonne et large, mais dangereuse car les locaux (à nouveau des arabes et touaregs au « sang chaud ») roulent comme des malades en plein milieu de la piste, la plupart avec des HDJ 60 assez bien conservés, ou des pick up 4 litres 5 essence trop puissants pour leur style de conduite (bien que chargés à bloc). Nous arrivons après 3 heures de piste aux abords du fleuve Niger (à 180 km du bivouac), ou le paysage change radicalement : beaucoup de marres et étendues d’eau stagnante, quelques pistes en cul de sacs, mais on trouve finalement le passage pour arriver au bac. Coup de chance, il arrive justement quand nous sommes au bord du fleuve : sans le voir, nous n’aurions pas pu imaginer que « l’embarcadère » se trouvait ici : c’est un simple banc de sable se prolongeant un peu vers le fleuve ! Le bac peut prendre 4 voitures maxi : encore coup de bol, il n’y a que deux locaux devant nous, donc on peut embarquer de suite (c’est à dire en ½ heure). La traversée se fait à un rythme Africain (maxi 10 km/h au GPS), et comme nous remontons un peu le fleuve sur quelques km, cela nous fait environ 1 h 30 de croisière reposante et sympathique après les 200 bornes de pistes un peu stressantes de la matinée. Nombreuses photos de pêcheurs, barques, animaux, et villages sur certaines îles habitées au milieu de ce fleuve qui amène une certaine richesse aux habitants de ces contrées arides. Le débarcadère en face est similaire au premier (et il faut bien un 4x4 pour arriver à remonter le bout de sable raide !). Ensuite bizarrement 10 km de bon goudron jusqu’à l’entrée de la ville de Tombouctou (financement assuré non pas par l’Europe ou même la France, mais selon des panneaux très rutilants « en partenariat » avec la Région Rhône-Alpes !!). Nous découvrons donc en prenant tout notre temps cette ville mythique, ou il n’y a pas si longtemps on égorgeait encore les étrangers simplement parce qu’ils étaient blanc ! Ambiance de ville saharienne assez plaisante, léger vent de sable en milieu d’après-midi, rues pour la plupart encore en sable. Pas trop sale (moins de poubelles qu'en Mauritanie en tous cas), locaux pas très loquasses mais finalement asses sympas, une fois que l’on a fait nous-même le premier pas (sinon ils font tous une gueule d’enfer, genre libyens !). Nombreux 4x4 locaux en cours de chargement, surtout des 60 et des pick up toyota, avec galerie africaine et réserve d’eau en peu de chèvre devant le radiateur ; ils sont prêts à partir pour les immensités sahariennes qui démarrent juste à la sortie de la ville, pour s’étendre sur plusieurs milliers de kilomètres de large de la Mauritanie à la Libye, en passant par le nord du Mali, le sud Algérien et le Niger : la tentation est grande de mettre le cap dans ces régions, mais bien entendu l’aspect sécurité prend le dessus, et nous n’irons pas plus au nord. Petite visite sur la grande place centrale de Tombouctou, entièrement en sable, non pas plate mais avec des petits vallonnements dunaires, dominée par la mosquée principale ; on imagine facilement le grand marché aux esclaves noirs qui s’y est tenu pendant de nombreuses décennies … La maison de René Caillé (premier explorateur à ressortir vivant de la ville) est juste à cité, vaguement « restaurée » (à l’africaine !). Plus tellement de femmes visibles, sauf au petit marché local ou nous trouvons du pain, une pastèque et quelques tomates. La seule station service (c’est un grand mot vu sa taille …) a du gasoil, donc gros pleins car ensuite prés de 600 km de pistes nous attendent avant la Mauritanie, avec ravitaillement plutôt aléatoire. Nous arrivons même à trouver des cartes postales (que j’enverrais plus tard de Nouakchott), puis nous décidons de ne pas chercher les ennuis en dormant à Tombouctou (bien que nous n’ayons ressenti aucune animosité particulière) : donc cap au sud-ouest par une piste évoluant dans un bel environnement sahélien, mais sur 100 km pas mal de tôle ondulée jusqu’à Goudam. Après les camions ne passent plus (il y a pont cassé : il faut traverser une rivière), donc à nouveau belle petite piste sablonneuse : nous bivouaquons un peu plus loin que Goudam aux abords du lac Fati. Contraste du sahel et de l’eau, beaux coucher et lever de soleil.

lac Fati, Niafounke, Lere, Fassala, entrée en Mauritanie

180 km. Dans la matinée, nous traversons par des pistes plus ou moins marquées (variables chaque années selon les étendues d'eau) une région paradoxale sur le plan des paysages : très plate, très sèche et pauvre, mais émaillée de plusieurs grands lacs d’eau douce, sans pour autant que cela permette des cultures efficaces (la terre n’est que du sable peu nutritif). C’est dans cette région que durant les grandes sécheresses de 1973/74 ces lacs se sont complètement asséchés, entraînant une famine sévère et la mort de dizaines de milliers de personnes (des villages entiers sont encore aujourd’hui désert : tous sont morts …). Cette année les habitants sont assez contents de leur sort : il a pas mal plu, et cela se ressent d’ailleurs pour les pistes : certaines ne passent pas (trop d’eau), et il nous a fallu faire un détour par le sud pour contourner un grand lac et arriver à Léré (nous sommes alors repassés à quelques encablures du fleuve Niger, intraversable dans ce secteur). Beaucoup de secteurs encore un peu humides et « mous », et pas mal de traces de plantages dantesques de camions (certains y sont encore, abandonnés quelques semaines jusqu’à que tout ai séché !). Même impression que dans les grands Chotts Tunisiens ou Mauritaniens : aspect de grandes hamadas plates comme la main, mais en fait sous une croûte sèche apparemment dure c’est encore humide, voire boueux : piége absolu si l’on se fait avoir (arrêt interdit !). Enfin nous traversons tout ceci sans encombre et du coup rapidement (un bon moyen de ne pas se planter est de ne pas mollir sur la pédale de droite, et comme tout est plat et dégagé sans obstacle, on peut y aller !). Grand intérêt des cartes satellites qui montrent beaucoup mieux que les cartes classiques les étendues d’eau (les photos ont été prises à la saison des « pluies »). Donc en milieu d’après-midi (plus tôt que prévu), nous sommes à Léré (en arrivant par le sud au lieu du Nord), dernier village Malien : formalité des sorties douanes/police sans problèmes. Ensuite nous pensions descendre sur Nampala, Sokolo puis Nara (toujours au Mali), puis remonter sur Néma (passage Mali Mauritanie le plus usité) ; sur les conseils des policiers et de Mauritaniens (croisés au poste de police) qui venaient de Néma et allaient sur Tombouctou, nous prenons une piste plein Est en direction de la Mauritanie. Petite halte après avoir froissé des militaires Malien : je n’ai pas vu leur poste et je suis passé sans m’arrêter ; après quelques discussion autour de leur engin militaire (un 6x6 de fabrication française, certainement issu de l’armée française : bon moyen de détourner la discussion pour la détendre !), tout est arrangé, et nous traversons la frontière (sans trop savoir ou elle est exactement, comme toujours dans ces pays : eux ne savent pas non plus !). Fassala, premier village Mauritanien, est un bled ultra-paumé, à mille lieues de tout (200 bornes de pistes sauvages avant et après), ambiance particulière, le village (assez gros tout de même : 4 000 habitants environ) paraissant abandonné ! Nous devons chercher la maison du douanier, et bien entendu le réveiller, au vu de son air éberlué de voir des touristes en voiture dans un coin aussi reculé ; ensuite il n’a pas pu apposer le tampon d’entrée de la voiture car son encre était complètement sèche depuis bien longtemps : la scène pathétique du douanier mauritanien de Fassala essayant de réhydrater son tampon encreur avec les moyens du bord restera dans les mémoires (1/2 h pour finalement avoir un gros pâté illisible sur la dernière page du passeport : nous devrons tout refaire à Néma). Pour la police même combat : nous attendons ½ h le chef de la police locale (qui dormait aussi), pour nous entendre dire qu’il n’avait pas l’habitude de gérer une situation aussi compliquée (il sait à peine ce qu’est un passeport), et finalement il jette l’éponge et se déclare incompétent, nous renvoyant sur Néma ou nous passerons le lendemain : il faut le voir pour le croire ! Donc si vous passez un jour dans ce secteur, il est conseillé de faire les formalités à Néma (pour la Mauritanie) et Léré (pour le Mali) ; sinon le trajet et les pistes sont superbes. Bivouac sous un soleil couchant africain en pleine savane, un peu après Fassala.

Fassala, Bassikounou, Néma

180 km. Dans la matinée, nous traversons par des pistes plus ou moins marquées (variables chaque années selon les étendues d'eau) une région paradoxale sur le plan des paysages : très plate, très sèche et pauvre, mais émaillée de plusieurs grands lacs d’eau douce, sans pour autant que cela permette des cultures efficaces (la terre n’est que du sable peu nutritif). C’est dans cette région que durant les grandes sécheresses de 1973/74 ces lacs se sont complètement asséchés, entraînant une famine sévère et la mort de dizaines de milliers de personnes (des villages entiers sont encore aujourd’hui désert : tous sont morts …). Cette année les habitants sont assez contents de leur sort : il a pas mal plu, et cela se ressent d’ailleurs pour les pistes : certaines ne passent pas (trop d’eau), et il nous a fallu faire un détour par le sud pour contourner un grand lac et arriver à Léré (nous sommes alors repassés à quelques encablures du fleuve Niger, intraversable dans ce secteur). Beaucoup de secteurs encore un peu humides et « mous », et pas mal de traces de plantages dantesques de camions (certains y sont encore, abandonnés quelques semaines jusqu’à que tout ai séché !). Même impression que dans les grands Chotts Tunisiens ou Mauritaniens : aspect de grandes hamadas plates comme la main, mais en fait sous une croûte sèche apparemment dure c’est encore humide, voire boueux : piége absolu si l’on se fait avoir (arrêt interdit !). Enfin nous traversons tout ceci sans encombre et du coup rapidement (un bon moyen de ne pas se planter est de ne pas mollir sur la pédale de droite, et comme tout est plat et dégagé sans obstacle, on peut y aller !). Grand intérêt des cartes satellites qui montrent beaucoup mieux que les cartes classiques les étendues d’eau (les photos ont été prises à la saison des « pluies »). Donc en milieu d’après-midi (plus tôt que prévu), nous sommes à Léré (en arrivant par le sud au lieu du Nord), dernier village Malien : formalité des sorties douanes/police sans problèmes. Ensuite nous pensions descendre sur Nampala, Sokolo puis Nara (toujours au Mali), puis remonter sur Néma (passage Mali Mauritanie le plus usité) ; sur les conseils des policiers et de Mauritaniens (croisés au poste de police) qui venaient de Néma et allaient sur Tombouctou, nous prenons une piste plein Est en direction de la Mauritanie. Petite halte après avoir froissé des militaires Malien : je n’ai pas vu leur poste et je suis passé sans m’arrêter ; après quelques discussion autour de leur engin militaire (un 6x6 de fabrication française, certainement issu de l’armée française : bon moyen de détourner la discussion pour la détendre !), tout est arrangé, et nous traversons la frontière (sans trop savoir ou elle est exactement, comme toujours dans ces pays : eux ne savent pas non plus !). Fassala, premier village Mauritanien, est un bled ultra-paumé, à mille lieues de tout (200 bornes de pistes sauvages avant et après), ambiance particulière, le village (assez gros tout de même : 4 000 habitants environ) paraissant abandonné ! Nous devons chercher la maison du douanier, et bien entendu le réveiller, au vu de son air éberlué de voir des touristes en voiture dans un coin aussi reculé ; ensuite il n’a pas pu apposer le tampon d’entrée de la voiture car son encre était complètement sèche depuis bien longtemps : la scène pathétique du douanier mauritanien de Fassala essayant de réhydrater son tampon encreur avec les moyens du bord restera dans les mémoires (1/2 h pour finalement avoir un gros pâté illisible sur la dernière page du passeport : nous devrons tout refaire à Néma). Pour la police même combat : nous attendons ½ h le chef de la police locale (qui dormait aussi), pour nous entendre dire qu’il n’avait pas l’habitude de gérer une situation aussi compliquée (il sait à peine ce qu’est un passeport), et finalement il jette l’éponge et se déclare incompétent, nous renvoyant sur Néma ou nous passerons le lendemain : il faut le voir pour le croire ! Donc si vous passez un jour dans ce secteur, il est conseillé de faire les formalités à Néma (pour la Mauritanie) et Léré (pour le Mali) ; sinon le trajet et les pistes sont superbes. Bivouac sous un soleil couchant africain en pleine savane, un peu après Fassala.

Néma, Ayoun, Kiffa, Guerou

560 km. Départ matinal de Néma, et goudron jusqu’à Ayoun el atrous, ou nous faisons une halte pour ressouder le protége réservoir de Daniel. J’en profite pour faire démonter 2 roues : celle de la mèche mise vers Nioro au début du raid (qui tient bien, mais je préfères mettre un champignon), et une autre : crevaison lente depuis 3 jours : nous trouverons un clou d’âne bien planté dans un crampon, le traversant complètement ! Casse-croûte de midi après Ayoun (zone de gros rochers très photogéniques), puis route jusqu’à Kiffa (en passant par Tintane, ou nous avions bifurqué au sud vers le Mali en descendant). Bivouac dans un bel erg repéré depuis la route après Guérou : on s’essaye sur les dunes molles de fin d’après-midi, et on s’en sort sans les plaques, qui finalement ne nous auront pas servies de tout le raid. Beau coucher de soleil et multiples photos.

Guerou, Nouakchott

540 km. Liaison tranquille vers Nouakchott par le goudron : arrivée en fin d’après-midi, ravitaillement en ville (pains, tomates, eau, gas oil) pour la plage le lendemain. On traîne un peu dans Nouakchott en fin d’après-midi : ambiance toujours aussi amusante côté circulation et état des véhicules ! La mer étant haute et forte pour prendre la plage dans la foulée, on fait un petit tour dessus pour faire quelques photos avec Thierry, puis on dort au campement comme à l’aller, avec aussi dorades grillées au programme ! Beau coucher de soleil sur l’océan.

Nouakchott, Nouamghar, Banc d'Arguin

200 km. Le matin mer moins forte mais encore haute : on attend pour prendre la plage. Visite du point de départ des pêcheurs un peu plus au sud que le campement, sur la plage : discussions diverses et fort sympathiques, achat que quelques poissons bien frais que l’on nous vide et nous écaille pour les grillades du soir. Vers 11 h on décolle finalement : les 150 bornes de plage sont assez « chaudes », avec une mer toujours assez forte et haute, et une marge de manœuvre entre la mer elle-même et le « mou » de l’autre côté est parfois nulle : donc les moteurs sont mis à contribution (dans les tours en permanence), il faut parfois rester quasiment à fond dans le mou en seconde pendant ½ heure sans pouvoir relâcher à aucun moment. Pas de surchauffe ni anomalie particulière : la mécanique tient. Au passage de la grande dune qui se jette directement dans la mer, il n’y a qu’à peine le passage de la voiture … (alors qu’à l’aller nous avions bien une dizaine de mètres de sable porteur !). Enfin bref on arrive à Nouaghmar sans encombres, puis nous repassons au péage du banc d’arguin, et quelques photos de Pélicans plus tard nous sommes au point dit du « camion frigo » (épave) en suivant notre « trace informatique » de la descente dans les grandes hamadas. Bivouac un peu plus loin dans les dunes, avec poisson grillé fort apprécié.

Banc d'Arguin, Nouadhibou, frontière du Maroc

Le matin on retraverse les petits cordons dunaires comme à la descente, nombreux dromadaires et nomades. Sortie du Ban d’Arguin par le poste habituel, puis prés de 200 km de conduite plaisir au cap dans les immenses hamadas longeant la mer, plus à l’ouest que la piste de descente : plus plaisant et plus rapide. On se perd de vue un moment (Daniel partant au cap sur un point situé à 35 km : mais zone de rochers à contourner par la gauche visible sur les photos satellites : merci les VHF !). Vers le nord on prend une autre piste plus à l’est qu’à la descente cette fois-ci : plus cassante l’autre était mieux ! On arrive finalement en milieu d’après-midi à la voie ferrée reliant Zérouat à Nouadhibou (pas de train cette fois-ci), donc on poursuit jusqu’à la frontière (en reprenant pile notre trace d’aller, évitant ainsi la zone minée !). Passage de la frontière sans problèmes tant du côté Mauritanie que du côté Maroc : ensuite 100 bornes de goudron puis bivouac (le dernier, mais le vingtième du raid : on ne va pas se plaindre !) sous une grosse Barkane, car vent de sable assez marqué.

Retour à Chamonix

Du bivouac remontée par Boujdour, Laayoune, jusqu’à Tan Tan plage (nuit chez Equinoxe comme à la descente), 950 km (faisable sans pbs : route droites et dégagées). Tan Tan Casablanca (par Essaouira), 870 km (arrivée nocturne, un peu long). Casa Gibraltar Algéciras, 450 km, sans problèmes. On se sépare, Daniel et Thierry remontant sur Madrid ; je pousse jusqu’à Perpignan, journée d’autoroute bien remplie mais sans problèmes. 500 km dans la matinée jusqu’à Grenoble, ou je laisse le 80 chez Espitallier pour une révision approfondie bien méritée après 18 000 km de bons et loyaux services, en attendant de nouvelles aventures...