"Tenoumer" est le nom d'un cratère d'origine
météoritique situé dans le désert au nord est du pays. D'une largeur
d'environ 2 kms on distingue bien sur place l'effet de l'impact
sur le sol, qui a créé un cône d’une hauteur impressionnante. Il
est également visible nettement sur les photos satellite. Pour ce
troisième voyage en Mauritanie, cette curiosité géologique me servit
de destination / prétexte idéal pour une découverte de cette région
du désert mauritanien.
Un voyage de 8000 kilomètres en Afrique de Tanger à Tanger,
dont 3300 kilomètres parcourus en Mauritanie en 15 jours.
Lever tôt afin de quitter la région parisienne de bonne
heure. Température de -7° sur la route au sud de Clermont.
Quelques amis amateurs de 4x4 qui habitent dans le sud sont
venus nous faire un coucou sur le port de Sète. Embarquement
un peu long sur le "Biladi". Départ aussi en retard. Sur
le même bateau plusieurs 4x4 transformés avec de véritables
cabines de camping car intégrées. C'est intéressant comme
croisement de races. Repas et nuit sur le bateau. Acceptable
mais ne vaut vraiment pas ce que nous avons connu sur d'autres
traversées et notamment sur le Carthage. Mais remplacer
la traversée de l'Espagne par une croisière nous permet
de nous reposer et d'arrivée en Afrique avec beacoup moins
de kilomètres dans les pattes.
Mercredi 27/12/2006
Repos sur le bateau. Mer calme. Rien à faire hormis les
tampons sur les passeports et la fiche de douane du véhicule.
C’est d’ailleurs assez mal organisé et il faut compter 2
bonnes heures d’une file d’attente ou chacun tente de voler
quelques places. La publicité pour le bateau indique "36
heures de Maroc en plus...". C’est bien vrai, nous voici
dans l’ambiance avant d’avoir débarqué. Nous changeons également
des euros afin d'avoir quelques dirhams dès notre arrivée
au Maroc.
Jeudi 28/12/2006
Débarquement à Tanger. Passage de la douane assez rapide,
les démarches d’enregistrement ayant été faites sur le bateau.
Début de la descente du Maroc. Autoroute jusqu’à Casablanca
et Settat, puis route. Très nombreux contrôles de vitesse
au radar, fixes et mobiles. Déjeuner d’un sandwich boulettes
de viande sur l’une des stations d’autoroute. Route entre
Settat et Marrakech très fréquentée. Nous n’arriverons pas
à destination avant la nuit. Nous n’avons pas réservé d’hébergement
pour le trajet. Il nous faudra donc trouver un point de
chute pour chaque soir. Aujourd’hui débute la période de
la fête du mouton et la plupart des hôtels sont pleins.
Nous trouvons quand même quelque chose à Marrakech. Repas
et nuit à l’hôtel.
Vendredi 29/12/2006
Nous quittons Marrakech en direction d'Agadir. La circulation
est encore importante, il est difficile (et parfois dangereux)
de doubler. Tout se calme dès que nous quittons Bouizarkane
en direction du sud. Route jusqu’au nord de Tarfaya. Plein
d’essence au prix détaxé. A partir d’ici et jusqu’à la frontière
mauritanienne le prix du gasoil varie entre 4,40 et 4,80
Dirhams le litre. J’avais déjà entendu parler de l’auberge
"La Courbine d’Argent" sans pour autant avoir eu l’occasion
de m’y arrêter. Y arrivant en fin d’après midi nous y ferons
l’étape du jour. Très bon accueil, bon repas, petit prix,
bon service et assez rare : tout compris même l’apéro. Une
étape à recommander. Facile à trouver car près de la route
en bord de mer. Les pêcheurs peuvent s’y attarder s’ils
veulent pratiquer leur sport favori.
Samedi 30/12/2006
Quelques courses et à nouveau les pleins d’essence à Laayoune.
L’espace entre les villes s’allonge au fur et à mesure que
l’on avance vers le sud. Route pour Dakhla. Les contrôles
des gendarmes à l’entrée ou la sortie des villes se font
un peu plus pressants. J’ai oublié de noter sur les fiches
de police préparées à l’avance pour le groupe les numéros
d’entrée au Maroc (tamponnées sur les passeports lors de
la première entrée dans le pays). Certains policiers nous
les font rajouter à la main au contrôle. A Dakhla nous nous
arrêtons à l’hôtel Doums. Effectivement pas cher mais si
vous passez dans cette ville choisissez un autre hôtel ;
ou faites un bivouac.
Dimanche 31/12/2006
Route de Dakhla à la frontière marocaine. Nous faisons les
pleins d'essence y compris les réserves (environ 80 litres
supplémentaires par voiture) à la dernière station avant
la frontière, où nous en profitons pour déjeuner. Rencontre
assez surprenante d'un groupe de mobylettes de La Poste
qui descendent vers le Burkina Faso. Il nous faudra attendre
plusieurs heures à la douane marocaine qui en cette période
de fête fonctionne au ralenti. Chaque passeport est vérifié
par radio au cours d’échanges entre le poste de douane et
la ville de Dakhla. Nous attendrons un grande partie de
l’après midi. Une fois les autorisations enfin obtenues
des douaniers marocains, nous traversons le No Man’s Land
entre les deux frontières et arrivons en vue des douanes
mauritaniennes. Ce passage n’est toujours pas goudronné
mais la piste n'est pas longue et assez facile. Un petit
bout de sable suffit quand même à piéger la fourgonnette
qui accompagne les mobylettes et aura besoin d'un coup de
sangle pour sortir. Artouro (guide local à qui nous faisons
appel pour les assurances, change et divers services) nous
attend à la frontière mauritanienne. Le passage est un plus
rapide que du côté marocain, obtention quasi immédiate des
visas et tampons sur les passeports. Seule difficulté avec
les bouteilles d’alcool que les douaniers trouvent dans
les véhicules. Les douaniers sont moins tolérants que les
années précédentes mais tout fini par s’arranger après quelques
discussions. Une très belle route nous attend à la sortie
de la douane mauritanienne. Elle permet de rejoindre Nouadhibou
et Nouakchott sans reprendre la piste. Nous roulons jusqu’à
Bou Lanouar, où au creux d’une barkane Artouro nous a dressé
une Khaima pour passer la soirée du nouvel an, et il nous
y apportera comme convenu le change, les assurances pour
les voitures, et un plat de langoustes grillées délicieuses.
Nous passons la soirée du nouvel an sous la tente. Sympa
même si assez simple. Heureusement que nous avons la tente
car un vent de sable désagréable s’est levé et soufflera
toute la nuit.
Après une nuit un peu agitée à cause du vent, à nous la
piste et les grands espaces pour cette première journée
de l’année. Nous refaisons les pleins à une petite station
sur la nouvelle route au sud de Bou Lanouar, puis quittons
la route cap Est Nord Est pour longer la voie ferrée du
train qui transporte le minerai de fer de Zouerat à Nouadhibou.
Itinéraire du roadbook Douane
- Zouerat. Nous allons longer cette voie pendant
plusieurs centaines de kilomètres. Le vent est encore un
peu plus violent que la veille. C’est vraiment limite au
niveau de la visibilité, on pourrait se croire dans une
tempête de neige par moments. Aucune trace n’est visible
au sol. La piste est assez facile, mais traverse aussi des
zones un peu plus ensablées. Entre deux bourrasques de vent,
nous apercevons le fameux train. C'est vrai qu'il est long.
Impossible d'en voir les deux extrémités en même temps.
Un peu plus loin sur la piste, croisement d’un 4x4 de suisses
(Berne) et de 2 motos qui vont dans l’autre sens. Nous ne
verrons pas d’autres voyageurs sur cette piste avant le
soir. Nous restons au sud de la voie ferrée jusqu'à approcher
les grands monolithes. Nous obliquons alors au Nord pour
rejoindre celui d'Aïcha au pied duquel des artistes sont
venus réaliser des sculptures sur pierre pour le passage
à l'an 2000 et la paix au Sahara Occidental. Quelques touristes
sont déjà sur place avec des guides locaux. Ils ne resteront
pas et poursuivent leur route. Le coucher du soleil approche.
Nous bivouaquons au pied des rochers. Encore une nuit de
vent (qui d'ailleurs ne nous lâchera pratiquement plus jusqu'au
bout du voyage).
Mardi 02/01/2007
Nous quittons le monolithe d’Aïcha, passons près de celui
de Ben Amira, et retraversons la voie ferrée un peu plus
à l’est qu’hier. Croisons quelques plantations d’arbres
près de la voie dans le sable. Peut être pour essayer de
le retenir. Piste encore sableuse à la traversée de quelques
cordons de dunes puis de plus en plus roulante en approchant
de Choum. Un train à vide (venant de Nouadhibou et remontant
vers Zouerat) nous double à l’arrivée sur Choum alors que
la piste est à quelques mètres de la voie. Impressionnant.
Nous ne nous arrêtons pas à Choum qui ne nous semble pas
d’un grand intérêt. Nous avons des réserves eau et essence
pour joindre Zouerat, bien que la consommation du Toy 120
avec la monte des pneus en 17 pouces et la boite automatique
se révèle bien plus importante que prévu. A partir de Choum
changement de cap pour se diriger plein nord. Nous longeons
d’abord la voie ferrée côté ouest, puis à une dizaine de
kilomètres de Char nous bifurquons vers cette passe marquée
sur les cartes IGN. Nous y ferons un pique nique agréable
près des puits. Une jolie gorge ensablée en haut de laquelle
une oasis inhabitée en hiver. Surement utilisée l’été pour
la récolte des dattes. Par contre nous n’avons pas trouvé
les restes du fort. Après le repas reprise de la piste,
sur des terrains globalement très roulants. Nous arrivons
à Fderik en milieu d’après midi. D’ici il faut rejoindre
Zouerat par une petite route goudronnée le long des montagnes
exploitées pour leur fer où la circulation se fait à gauche.
Vraiment surprenant car une fois atteint Zouerat on roule
de nouveau à droite. Contrôle rapide des gendarmes à l’entrée
de la ville. Nous allons nous poser à l’hôtel Oasian. Pas
vraiment de charme mais une bonne douche et un repas tout
à fait correct. Hotel plus souvent utilisé par les ingénieurs
étrangers de passage qui interviennent sur les machines
ou chantiers de la mine, que par les touristes. Pleins d’essence,
et quelques courses dans un magasin assez bien approvisionné.
Nous croisons un couple d’italiens qui sont en voyage avec
un guide local et son pickup. Ils envisagent comme nous
de rejoindre Ouadane et voudraient faire un bout de désert
avec nous mais leur guide ne veut pas quitter les pistes
classiques et surtout semble réticent à l’idée de se rendre
dans la région de Tenoumer. Finalement ils ne nous suivront
pas.
Mercredi 03/01/2007
Départ pour notre premier hors pistes du voyage. Itinéraire
du roadbook Zouerat - Tenoumer.
Après avoir contourné le guelb par l’est, et traversé une
petite pleine, cap plein est à travers l’Erg Hammami. Nous
sommes en fait à sa pointe sud. Je m’attendais à des dunes
plus ou moins difficiles. C’est en fait un terrain de 30
kilomètres d’herbe à chameau qui nous attends. Impossible
de rouler plus vite qu’au pas. Il nous faudra la matinée
pour traverser l’Erg. Puis le terrain devient un peu plus
facile avec quelques langues de terre et de sable durci.
Nous remontons alors au Nord vers Tourine. Après le lit
d’un oued et quelques puits, arrivée au milieu de barkanes
aux ruines de l’ancien fort de Tourine. Pause déjeuner au
milieu de laquelle un nomade dans une belle tenue traditionnelle
passe nous voir sur son dromadaire sellé. Echange de quelques
mots et babioles et le voici reparti sans que nous sachions
d’où il venait ni où il allait. Quelques oiseaux près de
Tourine, signe également qu’il doit se trouver des points
d’eau. Tourine, c’est également ici que l’on croise l’itinéraire
de la « Route de l’Ouest » d’Odette de Puigaudeau, tracé
Nord/Sud reliant Tindouf à Atar. Voici comment elle décrit
cette zone de puits affleurants : « Les dernières vagues
de sable venaient mourir dans l’oued en aklé de petites
dunes plus claires, incurvées en croissants, dunes errantes
qui, poussées par le vent, cheminent insensiblement sur
le terrain crevé de puits, simples trous d’eau qu’elles
ensevelissent et libèrent tour à tour ». Nous repartons
ensuite cap est nord est, sur des terrains parfois suivant
un oued, parfois sur des plateaux, en général de plus plus
roulants. Nous croisons et empruntons de nombreuses traces,
sans pouvoir affirmer qu’il s’agit de réelles pistes. Au
bord de l’une de ces pistes, nous découvrons une tombe.
Les pistes et traces de plus en plus rapides nous conduisent
dans l’oued Khatt, que nous quittons pour prendre un cap
plus au nord sur un terrain absolument plat au sud de Tenoumer
sur plusieurs dizaines de kilomètres. Le soleil se couchant,
nous nous arrêtons pour le bivouac à une vingtaine de kilomètres
du cratère. Rien à l’horizon dans toutes les directions.
Nous nous regroupons autour de quelques petits rochers isolés.
Le vent est un peu moins violent ce soir mais assez froid
sur ce plateau.
Jeudi 04/01/2007
Réveil peu après le lever du soleil. Il fait froid mais
beau. Le vent est moins violent. Sur ce grand plateau désertique
dans toutes les directions, nous apercevons une légère crête
au loin. Il s’agit en fait déjà du relief de Tenoumer. Nous
nous arrêtons à une vingtaine puis à une dizaine de kilomètres
pour des photos. C’est très beau de voir grandir et se dessiner
peu à peu ce relief. Arrivée au cratère d’impact météoritique
de Tenoumer. Nous nous approchons du bord par un passage
au sud est. Le cratère est large de près de deux kilomètres,
ses flancs sont d'une hauteur d'environ 110 mètres au dessus
du terrain alentours. C'est l'un des trois cratères météoritiques
référencés en Mauritanie (avec Aouleoul et Tmeimichat).
Les spécialistes hésitent encore sur un 4eme qui se trouverait
près d'El Mreyer. Le sentiment de cercle et d’impact est
ici plus fort que dans tous les autres cratères que j’ai
pu voir en Mauritanie. Un peu comme si l’impact était récent.
Nous quittons ce lieu magique en direction du sud est, pour
aborder l’erg de la Mektair. Itinéraire du roadbook Tenoumer - El Ghallaouiya.
Peu avant d’y entrer, traversée de l’oued Khatt, très large
et bien marqué, au bord duquel subsistent nombreuses traces
de vies telles que ruines et tombes. Cet erg constitue aussi
une découverte pour nous. Une centaine de kilomètres à vol
d'oiseau à travers les dunes. Hors pistes total. Les dunes
sont grandes et séparées par de vastes couloirs, mais ne
sont généralement pas difficiles car bombées sur la plupart
de leurs flancs. Les arêtes vives sont facilement contournables
et je ne sais si c’est une chance due au temps ce jour là
mais le sable s’est révélé très porteur. Pause déjeuner
dans un creux pour nous abriter du vent qui a repris ses
droits. La traversée se passe donc sans difficultés avec
des paysages magnifiques. Seule la sortie au cap en direction
d’El Ghallaouyia nécessite la traversée d’un petit cordon
de dunes vives. Après l’erg, nous longeons et contournons
un grand chott de fech fech que nous n’osons traverser de
peur de s’enliser et arrivons au fort d’El Ghallaouyia.
Le fort est utilisé par les militaires. Ils vérifient nos
papiers et sont très polis mais refusent que nous visitions
le fort et nous demandent de poursuivre notre chemin sans
prendre de photo aux abords immédiats. Nous remontons la
très belle gorge de Trig Chouail au sud qui permet de traverser
la pointe de l’Adrar, assez haut à cet endroit, et allons
admirer les peintures rupestres très nombreuses dans ce
coin qui ornent les rochers. Un nomade s’est installé gardien
du site, et commerçant. Il nous offre le thé et nous acceptons
de lui payer le droit de visite. Je lui achète également
un piquet de tente. Le soleil baisse. Il est temps pour
nous de bivouaquer. Nous nous installons un peu plus haut
dans la gorge. Bon bivouac car nous sommes un peu protégés
du vent. Repas agréable autour du feu.
Vendredi 05/01/2007
Nous quittons El Ghallaouyia pour longer le nord de l’immense
erg Aouker en direction du Guelb Er Richat.
Itinéraire du roadbook El Ghallaouiya - Ouadane.
Paysage d’abord
de grande pleine sableuse, puis quelques touffes d’herbes
à chameau et quelques cailloux et nous voici aux abords
du premier « cercle » autour de cette immense curiosité
géologique que certains appellent l’œil de l’Afrique. Passage
au puits de Tinwera en eau et de façon bien visible utilisé
par les locaux. Traversées successives de petites falaises,
de chotts et de dunettes au fur et à mesure que l’on se
rapproche du centre. Passage auprès des ruines d’une grande
construction dont on comprend mal la raison d’être en ces
lieux isolés (Dar Ould Mohammed Fadel); et visite rapide
des ruines du fort d’Agoueidir attribué aux portugais; mais
il n'en reste vraiment pas grand chose. A partir d’ici nous
croisons de plus en plus d’habitants, retour à un semblant
de civilisation que nous avons quitté à Zouerat. Toutes
les femmes de la région se sont transformées en commerçants
et attendent le touriste au bord de la piste, touriste qui
nous semble assez rare cependant. Nous dépannons d’un bidon
d’essence un habitant qui est en panne d’essence avec un
vieux Land. Visite au centre du Guelb. Le paysage est beau
mais on a du mal à se faire une idée précise de la taille
car on n’aperçoit pas le cercle complet de tous les anneaux.
Nous quittons le guelb en milieu d’après midi, en route
pour Ouadane. Piste qui serpente dans l’oued entre les touffes
d’herbes. Une crevaison et quelques petits ensablements.
Arrivée à Ouadane peu avant le coucher du soleil. Visite
à la vieille ville et nous rejoignons ensuite l’auberge
d’Agoueidir, en laissant au passage une fiche au poste de
police. Très bon accueil à l’auberge que je vous recommande.
[ Site web de
l'auberge ]. Hébergements variés de la tente à la
chambre.
Samedi 06/01/2007
Départ de Ouadane pour Chinguetti par la batha. Piste bien
tracée dans le sable, nous croisons et avançons par moment
dans la même direction que de nombreux guides locaux qui
transportent des touristes ; parfois en pickup Toyota, parfois
en Land Rover. Passage dans la jolie petite oasis de Tanouchert
et la passe dans les monts Herour. Je pensais cet itinéraire
beaucoup moins fréquenté et l’oasis de Tanouchert inhabitée
en dehors de la période de récolte des dattes, mais ici
aussi beaucoup de monde, et même quelques auberges. Visite
à Chinguetti de la bibliothèque tenue par Saïf. Je dois
retrouver le nom de cette bibliothèque. Les commentaires
de notre hôte sont vraiment très intéressants et dans un
français parfait. La vieille ville a également évolué depuis
notre dernier passage : rues restaurées, panneaux d’indication,
et de plus en plus de « boutiques ». La tour de la mosquée
est très belle, bien restaurée. C’est l’emblême de la Mauritanie,
un peu comme la tour Eiffel pour les français. J’ai acheté
à un gamin dans la rue le premier volume qui me manquait
des guides Sépia sur la Mauritanie, très content de le trouver
sur place alors qu’il est épuisé en France. Egalement un
petit coffre mais qui me semble provenir d’une fabrication
plus industrielle qu’artisanale. Nous quittons ensuite Chinguetti
en suivant l’oued en direction d’Atar. Quelques passages
un peu mous et quelques ensablements dans l’oued. De jolis
puits au ras du sol se trouvent dans l’oued, on peut en
sortir de l’eau fraiche. La piste devient ensuite plus caillouteuse
au fur et à mesure que l’on s’approche de la pointe des
monts Zarga, pour finir en véritable chemin de pierres.
Près de la piste nous apercevons quelques tombes. Le soleil
descend sur l’horizon lorsque nous rejoignons la nouvelle
piste bien roulante Chinguetti-Atar, peu avant la passe
d’Ebnou. Passage rapide du contrôle de gendarmerie en haut
de la passe et descente de cette impressionnante route maintenant
goudronnée sur les kilomètres les plus difficiles de la
passe. Soleil couchant sur les falaises de l’Adrar. Arrivée
à Atar pour repos à l’hôtel agréable d’El Waha. Au cours
de cette journée, j’ai abimé une tige d’un amortisseur avant.
Même si le 4x4 roule encore il me faudra réparer avant de
repartir pour une longue étape de pistes. Nous avons une
journée d’avance sur notre « programme », mais nous allons
rester coincés le dimanche et le lundi à Atar car je dois
changer mes 2 ressorts et mes 2 amortisseurs avant pour
rester homogène sur tout le train, et je n’ai pas les ressorts.
Nous les faisons commander par le gérant de l’hôtel qui
est aussi représentant Mercedes à Atar. Ils arriveront de
Nouakchott.
Dimanche 07/01/2007
Repos à l’hôtel à Atar. Petite ballade jusqu’à la passe
de Tifoujar avec mon amortisseur bancal, juste pour le plaisir
d’admirer le paysage de cette magnifique passe ensablée
aux couleurs superbes.
Lundi 08/01/2007
Encore une journée de repos forcé, en attente des ressorts
qui finiront par arriver au coucher du soleil. Sylvain l’expert
mécano du groupe passera une bonne partie de la soirée à
remonter l’ensemble sur le 4x4. Nous voici enfin prêt à
repartir.
Nous quittons Atar avec comme prochain objectif Tidjikja.
Deux journées minimum de pistes sur un itinéraire certes
utilisé par les locaux et quelques touristes mais où l’on
profite aussi des grands espaces avec peu de rencontres.
Nous traversons l’Adrar par la passe d’Ebnou, et cap au
sud ; pour longer les monts Zarga aperçus lorsque nous sommes
venus de Chinguetti. La piste est assez pierreuse sur toute
la journée, et serpente au mileu de nombreuses petites barcanes
qui déplacées par le vent lui coupent régulièrement le chemin.
Passage au cratère d’Aouleoul, lui aussi d’origine météoritique.
Il est également bien visible une fois sur son bord, mais
bien moins impressionnant que celui de Tenoumer car Aouleoul
semble se fondre dans le paysage environnant et vu de l’extérieur
ressemble aux nombreuses collines ensablées environnantes.
La piste alterne traversée d’oueds empierrés, montée et
descentes de jolies passes, et plateaux. Nous posons notre
bivouac peu avant la bifurcation pour Ain Sefra, à quelques
kilomètres d’un joli lac temporaire permettant quelques
cultures sur son bord le temps de son assèchement (tamourt).
Bivouac sympa autour du feu, et dans la nuit surprise d’un
orage avec un peu de pluie.
Mercredi 10/01/2007
Aujourd’hui le temps est couvert. Piste encore de pierres
le matin, puis qui s’ensable progressivement au fur et à
mesure de notre avancée. Arrivée au dessus d’un grand oued
ensablé, bordé de grandes et hautes dunes. Une piste large
fait de grands virages dans ces dunes, et au détour de l’un
de ces virages nous croisons comme venus de nulle part d’énormes
camions citernes qui empruntent le même itinéraire mais
en sens inverse. Incroyable de voir comment ils passent
sur ce terrain où nous même avec les 4x4 arrivons parfois
à nous ensabler. Je ne sais où ils allaient, la route la
plus proche se trouve à plus de 100 kilomètres. Je suppose
qu’ils approvisionnent en eau certains villages. La piste
s’engage alors dans un oued que l’on peut suivre jusqu’à
Tidjikja. Arrêt à la jolie guelta de Taoujafet et sa cascade,
malheureusement à sec lors de notre passage. Traversée de
l’oasis de Rachid, et ses puits au bord de l’oued. Nous
arrivons à Tidjikja en milieu d’après midi, les réservoirs
à sec. Malheureusement, la station essence est à vide. Pas
de distribution possible aujourd’hui, … demain Inch’Allah.
Le contrôle des passeports par les militaires se fait insistant,
voir désagréable. Après quelques négociations le militaire
nous laisse passer. Nous reprenons notre chemin en direction
de Moudjeria et trouvons un coin de bivouac isolé à quelques
kilomètres de la route. Autre soirée sympa au coin du feu
malgré la mauvaise impression laissée par le passage à Tidjikja.
Jeudi 11/01/2007
Nous poursuivons la route jusqu’à Nbeika et prenons la piste
en direction de Matmata. Elle contourne les cultures autour
de la tamourt, où le sable perd ses droits aux abords des
lacs et marres. Arrivés à l’embouchure de l’oued qui descend
des gueltas, nous empruntons une jolie petite piste empierrée
qui grimpe sur la falaise et permet de se rendre tout en
haut des gueltas, en contournant les gorges. Près de cette
psite des anciens greniers à grain d’une civilisation disparue
depuis. Arrivés au bout de cette piste, encore une petite
marche pour se rendre au dessus de la grande guelta aux
crocodiles. Très belle vue effectivement. Pause déjeuner,
et nous prenons le chemin du retour pour rejoindre Moudjeria.
Ici aussi, l’arrivée sur la ville par une descente abrupte
offre une vue panoramique superbe sur la ville et les dunes
à perte de vue. Notre objectif est de faire les pleins d’essence.
Moment épique, car la cuve de la station est pleine, mais
la pompe ne marche pas. Après dure négociation du prix avec
le pompiste, ce sera avec la pompe à main, et bidon de dix
litres par bidon que nous remplirons les réservoirs des
cinq véhicules du groupe. Une fois les réserves d’essence
faites, nous voici reparti par la piste, cap au nord. Nouveau
bivouac, cette fois ci venteux à souhait.
Vendredi 12/01/2007
Le mauvais temps semble s’installer, vent, nuages, et parfois
même un peu de pluie. Nous approchons du lac Gabbou, suffisamment
étendu pour ne pas s’assécher, que nous longeons pour rejoindre
par un oued ensablé les ruines de la vieille ville de Ksar
El Barka. Puis hors piste cap nord est avec comme point
de mire l’ancienne mine de Bou Naga. Malheureusement, quelques
heures de pistes plus loin un problème de soudure du pont
avant sur le HDJ 80 nous oblige à renoncer. C’est avec des
sangles pour retenir le pont et en roulant au pas qu’il
nous faut tenter de rejoindre la ville la plus proche, soit
Moudjeria, là où nous avons fait les pleins d’essence. Nous
n’y arriverons pas avant la nuit et donc feront un nouveau
bivouac sur la piste avant d’arriver à la route.
Samedi 13/01/2007
Retour progressif à la civilisation. Il nous faut trouver
un garage disposant d’un poste à souder. Ce sera juste après
avoir rejoint la « route de l’Espoir ». Une fois réparé,
nous décidons de rejoindre Nouakchott par la route. Arrivée
à Nouakchott en milieu d’après midi, douche et repos mérité
à l’hôtel. Le soir repas en ville dans un petit resto sympa
tenu par un français.
Nous quittons Nouakchott dans la matinée pour rejoindre la plage.
Contrôle militaire sur la plage à hauteur de Jreida. Malheureusement,
faute d’informations fiables sur les horaires des marées, nous perdrons
du temps à chercher et attendre la marée basse alors que la mer
montait, et nous ne profiterons pas de cette partie autant que nous
l’aurions voulu. Nous devrons même sur la fin de la journée remonter
sur les dunes la plage devenant impraticable. Nombreux pélicans
qui s’envolent à notre passage. Le soir, bivouac venteux en bord
de mer.
Lundi 15/01/2007
Après les derniers kilomètres sur la plage, entrée dans le parc
du banc d’Arguin. De la piste il n’est pas possible de vraiment
profiter de cette réserve naturelle. Cependant je vous recommande
de faire un petit détour par Ras Tafarit où vous trouverez un cadre
très agréable en bord de lagune pour bivouac et baignade. En fin
d’après midi nous rejoignons la toute nouvelle route qui relie Nouakchott
à Nouadhibou. Pleins d’essence à la première station que nous avions
rencontré en Mauritanie à l’aller. La boucle est bouclée. Dernier
bivouac en Mauritanie quelques kilomètres avant la frontière, à
l’abri d’une très grande barkane. Nous y découvrirons avec joie
et surprise le bruit très particulier de « la dune qui chante ».
Mardi 16/01/2007
Nous quittons la Mauritanie avec regret, mais sans difficultés.
La frontière marocaine nous retient encore plusieurs heures. Leur
système d’échange par radio des passeports entre la douane et Dakhla
ne facilite pas les choses. C’est maintenant la route qui nous attend.
Nous remontons ce jour là jusqu’à Boujdour. Petit hôtel que je ne
vous recommande pas.
Mercredi 17/01/2007
Route jusqu’à Tafnidilt. C’est une étape que nous apprécions beaucoup,
que ce soit sur la route de la Mauritanie ou à l’occasion de nos
périples au Maroc. Le fort construit sur le modèle de l’ancien est
superbe avec beaucoup de charme. Accueil très bon du gérant. Repas
excellent. Ne manquez pas de vous y arrêter si vous passez dans
le coin.
Jeudi 18/01/2007
Piste et bouts de hors pistes de Tafnidilt à Fort Aoreora. J’aime
beaucoup improviser dans ce coin entre les oueds et les collines.
Nous croisons un bébé chameau avec sa mère, à sa façon de se tenir
sur ses pattes il ne doit pas être âgé de plus de quelques jours.
Bout de plage blanche. La encore nous ne trouvons pas un sable idéal.
Les véhicules moulinent dans la semoule à des tours moteurs anormalement
élevés. Sortie de la plage, nous prenons la route pour Agadir. Encore
pour une très bonne étape au « Paradis Nomade », à quelques kilomètres
de la ville dans les arganiers.
Vendredi 19/01/2007
Remontée vers Essaouira. Ballades achat souvenirs dans les souks.
Nettoyage en gros des véhicules.
Samedi 20/01/2007
Route jusqu’à Casablanca où je retrouve mon ami Benoit chez qui
nous sommes reçus comme des rois pour une repas fête le soir et
nuit chez lui.
Dimanche 21/01/2007
Route jusqu’à Tanger, douane et embarquement sur le bateau pour
la traversée retour.
Lundi 22/01/2007
Nuit à bord du bateau.
Mardi 23/01/2007
Débarquement à Sète et route vers Paris. La remontée se fait au
milieu des tempêtes de neige. Contraste assurée avec ce que l’on
vient de vivre. Arrivée dans la nuit sur Paris.