RAID TOUBKAL - DESTINATION MAROC - DE L'ATLAS AU CAP DRAA
Pour ce voyage de deux semaines, un retour dans le pays
de notre première virée en Afrique. Sur les versants de
l'Atlas, d'Est en Ouest, de Midelt à Ouarzazate puis Tata;
et descente de la vallée de l'Oued Draa d'Assa jusqu'à son
embouchure sur l'Océan. Remontée le long de la côte jusqu'à
Essaouira.
2 semaines. Une journée de repos à Essaouira. Environ 3500
kilomètres au Maroc. Autonomie 500 kms. Dates : Du dimanche
24 octobre au jeudi 4 novembre 2004. Hébergement au Maroc
: 5 nuits d'hôtel, 2 auberges, une nuit chez l'habitant
et 4 bivouacs. Groupe de 5 véhicules et 10 personnes. Temps
généralement beau, quelques couvertures nuageuses l'après
midi.
Après avoir subi le raid Mauritanie/Mali/Sénégal en janvier
2004, le 4x4 a besoin d'une bonne révision avant de partir
(amortisseurs avant, bras de suspension avant droit, un
nouveau pare-chocs avant, changement des courroies, réparation
fuite liquide de direction assistée, correction du jeu dans
la direction, et même quelques soudures de traverses du
chassis). Le voici prêt juste à temps deux jours avant le
départ.
Descente : Départ de la région parisienne le vendredi matin, après
préparation du véhicule et des autorisations (je n'ai d'ailleurs
pas eu de réponse avant de partir pour les demandes d'autorisation
CBs). Le compresseur de climatisation de mon véhicule me lâche au
nord de l'Espagne, et avec lui les fusibles et la courroie du système
de chauffage. Nous avons peur qu'il ne s'agisse du système de refroidissement
du moteur. Le voyage semble alors compromis. Nous voici tard dans
la nuit à hauteur de Burgos à tenter de créer avec les moyens du
bord une courroie qui entraine la pompe de chauffage sans passer
par le compresseur de clim enrayé. Après quelques essais infructueux,
nous décidons de passer la nuit (qui comme chacun sait porte conseil)
dans un hôtel de la banlieue de Burgos. Le lendemain matin, nous
trouverons dans un magasin de vente de pièces de toute sorte pour
voitures, camions et engins agricoles une courroie de la bonne longueur
qui fera l'affaire pour le voyage même si elle n'est pas de la bonne
largeur, nous garderons ainsi la possibilité de faire marcher le
chauffage. A noter que ce magasin à Burgos se trouve juste à côté
du garage Toyota, qui lui était fermé ce samedi matin (N 42° 21'
32.2", W 3° 38' 59.9"). Pas d'autre incident lors de cette traversée
de l'Espagne, si ce n'est la crevaison d'un des véhicules (sur autoroute
! Alain avec son 80) dans la descente du col avant d'arriver sur
Malaga. J'essaie de mettre une mèche mais le pneu est trop abimé,
il nous faut échanger avec la roue de secours. Malgré ces désagréments,
notre petit groupe se retrouve au complet le samedi soir à l'hôtel
à Algéciras. Prise de connaissance pour certains, retrouvailles
pour d'autres, tous satisfaits d'être regroupés pour le départ.
Une belle représentation de la gamme de Toyota Land Cruiser : 5
véhicules, un 73, deux 80, un 90 et un 100. Nous aurions du nous
faire sponsoriser ;-) Repas et nuit dans le bel hôtel du GuadaCorte
Park; un confort apprécié avant les routes et pistes africaines.
Environ 540 kilomètres de route et autoroute. Le soir nuit
à l'hôtel à Midelt.
Nous arrivons sur le port avant le lever du soleil, mais
nous n'embarquerons que sur le bateau de 8h30, qui prend
du retard au départ, met plus de temps que prévu à la traversée
(plus de 2 heures 30), et au final, les policiers marocains
n'étant pas du voyage (certainement en raison du ramadan),
nous attendrons encore une demi-heure de plus à l'arrivée
qu'ils montent sur le bateau pour faire tamponner les passeports
d'entrée au Maroc pour tous les passagers. Passage ensuite
de la douane sans encombre avec les feuilles de véhicule
qui sont pré-remplies mais finalement ne changent pas grand
chose. Je rencontre comme prévu un jeune marocain à la sortie
du port de Tanger qui souhaitait une copie de mon DVD des
photos satellite du Maroc, pour une toute autre utilisation
que le 4x4, la création de plans d'implantation de projets
immobiliers. Alain avec son pneu creuvé s'arrête dans un
petit garage (N 35° 44' 59.4", W 5° 50' 14.6") à la sortie
de Tanger pour faire poser un emplâtre. Travail soigné,
qu'heureusement nous n'aurons pas à tester sur ce voyage.
Avec ces aléas nous prenons la route en fin de matinée.
Agréable surprise de découvrir que l'autoroute a encore
avancé et peut s'emprunter dès Azilah. De plus en plus de
contrôles radars sur l'autoroute, soyez prudent, la chasse
au 400 DH d'amende est ouverte. Pause déjeuner sur une aire
de repos / station essence peu avant Kenitra. Petite route
vers le sud sur une trentaine de kilomètres, puis à nouveau
autoroute jusqu'à Meknes sans soucis. Beaux paysages d'approche
de l'Atlas sur la route de Meknes à Midelt. Pas de cigognes
sur les toits à Azrou, ce n'est pas la saison. Nous apercevons
au bord de route au dessus d'Azrou quelques singes dans
la foret de cèdres. Nous arrivons à Midelt à la tombée de
la nuit. Après avoir fait les pleins d'essence, nous rejoigons
l'hôtel Kasbaa Tadla au sud de la ville sur la route de
Rich, hôtel plein de charme bien que d'un confort limité.
Un bon tagine et une nuit de repos avant d'attaquer la piste.
Environ 220 kilomètres dont 70 de route et 150 de piste,
avec le détour par les gorges de l'oued Jaffar. Une journée.
Le soir, nuit chez l'habitant à Imilchil.
Et la fameuse piste du Jaffar ? Prévenu par les échanges
sur les listes des forums Explo4x4, LeMarocEn4x4, et Sahariens,
je sais que la piste du Jaffar est bloquée. Mais où ? Nous
souhaitons quand même aller voir les gorges de l'oued Jaffar.
Alain s'arrête prendre du pain pour le groupe à Midelt.
Nombreuses boutiques fermées pour cause de période de Ramadan,
mais nous trouvons quand même la boulangerie. Nous prenons
d'abord la route en direction du Nord pour rejoindre la
vallée de l'oued Ansegmir, puis remontée au Sud vers le
Djebel Ayachi sur la rive gauche (à l'Ouest) de l'oued Jaffar.
Superbe panorama sur les gorges du haut de la falaise avant
de rejoindre le lit de l'oued. Un petit groupe de 4x4 et
quads se trouvent à l'entrée des gorges et nous indiquent
que ça ne passe pas. Ne connaissant pas la piste, nous voulons
nous rendre compte par nous même et nous engageons dans
les gorges de l'oued. Paysage magnifique, petites passes
très encaissées, quelques mètres à peine par endroits. Nous
remontons sur quelques kilomètres, mais le terrain devient
assez vite difficile, avec de grosses pierres à déplacer
et quelques rochers qui bloquent le chemin durs à contourner.
Après quelques kilomètres de remontée, mais avec le temps
qui passe (déjà presque midi), et de gros nuages noirs qui
s'accumulent au dessus de nos têtes, et seul le KZJ73 qui
passe correctement, nous décidons de faire demi tour, car
les HDJ100 et HDJ80 ne sont pas assez agiles en trial pour
franchir les quelques rochers qui bloquent le passage, sauf
à y laisser les bas de caisse ce que je vais quand même
faire lors d'un 1/2 tour épique. Les quads que nous avons
rencontré sont passés apparamment sans problème. La ballade
vaut quand même le détour. Nous sommes remontés jusqu'à
environ 200 mètres du point du Marabout. Dommage car nous
n'étions certainement pas loin de la fin des difficultés.
Mais ce sont les aléas du voyage. Nous nous arrêtons pour
déjeuner en bas des gorges. Petite réparation de fortune
sur le 95 qui a un drole de bruit de claquement. Nous pensons
au ressort, ce sera finalement une biellette à l'arrière
qui est cassée. Nous revenons ensuite sur nos pas jusqu'à
l'oued Ansegmir que nous remontons jusqu'aux gorges de Tabouazant.
Jolie piste qui serpente entre l'oued et quelques villages
qui cultivent les pommes. Nous le quittons par le Nord pour
couper ensuite plein Est et rejoindre la route Boumia -
Tounfite. De là, route jusqu'à Agoudim où nous reprenons
la piste d'Imilchil. Nous avons perdu pas mal de temps,
et le soleil se couche alors que nous sommes encore sur
la piste. Etant attendus par notre ami Said à Imilchil pour
le diner et le coucher nous poursuivons la piste de nuit.
Malgré la nuit et la poussière, piste sans encombre. Arrivée
chez Said à Imilchil où nous sommes reçus avec beaucoup
d'attentions. Thé, tajine de poulet et couscous aux légumes
au menu. Si certains veulent passer une nuit agréable chez
l'habitant en toute simplicité, près d'Imilchil, à mi chemin
entre le village et le lac, contactez moi et je vous communiquerai
ses coordonnées.
Environ 500 kilomètres, dont 200 de pistes d'Imilchil à
Agouti et 300 de route d'Agouti à Ouarzazate en faisant
le détour par Demnate. Deux journées. Bivouac près de l'assif
Ahançal au pied du rocher de la Cathédrale. Hôtel à Ouarzazate.
Superbe petit déjeuner à base de crèpes et galettes chez
Zaid. Sa maison isolée sur une petite colline offre une
vue magnifique et un calme auquel nous ne sommes plus habitués.
Nous installons le groupe electrogène que nous lui avions
promis. Alain emène les filles à l'école à Imilchil, elles
ne sont pas peu fières d'êtres déposées en 4x4, d'habitude
c'est l'âne qui fait le trajet. Comme d'habitude Zaid veut
nous garder plus longtemps, mais devons reprendre les pistes
de l'Atlas. Passage au bord du lac Tislit, toujours si beau
sous le soleil matinal avec les montagnes qui se reflètent
dans ses eaux aux effets de miroir. La route ici est maintenant
goudronnée et permet de relier Imilchil à Kasba Tadla. Descente
vers la maison forestière de Tassent, où nous attaquons
la piste, direction plein Est vers Tasraft. Belle montée
en lacets d'une petite piste bien entretenue avec une vue
superbe sur la vallée. Première rencontre avec les criquets
qui ont envahi cette année tous les pays du pourtour saharien.
Vraiment étonnant à ces altitudes et à ce niveau de l'Atlas
d'en retrouver encore des concentrations aussi importantes,
dans ce paysage de montagnes qui ressemble plus aux alpes
qu'au désert saharien. Des nuages de ces bestioles s'envolent
devant le 4x4 dans la montée du col. Les petits villages
de ces hautes vallées sont très beaux. Avant d'arriver à
Taghzout, autre petite gorge étroite dans un lit de galets.
Entre Taghzout et Tasraft, la piste étroite mais qui semble
utilisée assez souvent par les locaux circule dans un petit
oued, l'assif Tafedna. Les peupliers commencent à prendre
leurs couleurs d'automne. Les paysages sont superbes. Peu
avant l'arrivée sur Tasraft, nous croisons un groupe d'une
vingtaine de VTTistes suivis ensuite par leur Land local
d'accompagnement. Montée au col (2510 mètres), puis descente
raide vers Anergui 1000 mètres plus bas. D'anergui nous
pronons la vallée de l'Assif Melloul (qui sur la carte IGN
au 1/100000eme prend ensuite le nom d'Assif Oukhachane).
Croisement de deux 4x4 locaux qui montent vers le village,
il faut un peu manoeuvrer car la piste n'est pas large par
endroit. Superbes petits ponts suspendus haut au dessus
du niveau de l'oued pour ne pas être emportés par les crues,
qui permettent d'accèder à pied (et avec mules) aux quelques
habitations qui se trouvent en haut des gorges sur la rive
gauche. Il est déjà 16h30 lorsque nous quittons les gorges
de l'Asssif Melloul et arrivons au pied de la Cathédrale
au conflent de l'assif Ahançal. Nous sommes redescendus
à 1100 mètres d'altitude, la température est agréable (22°)
et la vallée plus large. Nous decidons alors de bivouaquer
ici plutot que de continuer la piste car nous aurions difficilement
un coin plus sympa. Nous nous arrêtons près d'une ancienne
scierie, au bord de l'oued Ahançal. Le bois mort est abondant
tout autour. Bivouac très agréable, avec feu de camp sympa.
Alain notre cuisinier nous propose un plat commun de risotto
pour tout le groupe. Un régal. Pas de visite. Quelques chiens
qui d'abord tournent autour de campement mais rapidement
nous adoptent et se postent tout autour comme pour garder
le camp. Et ils le feront car nous serons informés par eux
du moindre passage sur la piste (heureusement rares). Nuit
calme. Le matin, le temps que chacun range ses affaires,
nous quittons le bivouac vers 8h15. Avec les aléas de la
piste, nous n'avons parcouru la veille que 102 kilomètres
depuis Imilchil. Je me rend compte que nous ne pourrons
pas faire l'ensemble des pistes envisagées à ce rythme.
Mais c'est les vacances et nous sommes ici pour nous faire
plaisir. Nous alons devoir écourter certains itinéraires.
Le lendemain, reprise de la piste vers Ahançal. Elle grimpe
tout d'abord dans la montagne et s'éloigne de quelques kilomètres
de la rive droite de l'oued. Puis redescend pour traverser
l'oued et le longer ensuite sur la rive gauche. Elle surplombe
alors de jolis petits villages de montagne avec leurs greniers
collectifs. Avant d'arriver à Zahouia Ahançal nous prenons
vers l'Ouest la piste vers le col du Tizi n Nissi (2600
mètres). Descente ensuite dans une vallée aux arbres déformés
par la foudre, le vent et l'erosion du sol. Remontée au
col de Tizi n Tsalli à près de 2800 mètres. Quelques kilomètres
après ce col, croisement avec une route en construction
vers Ait Mhamed. Nous ne la suivons pas mais reprenons la
piste vers le Sud pour passer dans la vallée de l'Assif
Hkim qui rejoint la vallée des Ait Bou Guemez. Pause déjeuner
une fois sur la route quelques kilomètres avant d'arriver
à Agouti. Passage à la petite boutique de sculpture sur
bois où j'achète un ancien cadenas berbere. Système ingénieux
de serrure à base de petites pointes en bois. Il est déjà
plus de deux heures de l'après midi lorsque nous quittons
Agouti. Nous décidons alors de rejoindre Demnate puis Ouarzazate
par la route. Nous arriverons à Demnate en fin d'après midi
et à Ouarzazate de nuit mais à temps pour le diner du soir.
Repos agréable et mérité à l'hôtel Riad Salam.
Environ 460 kilomètres, dont 150 de piste.
Deux journées. Bivouac au dessus du village d'Imlil. Hôtel à Tata.
Nous consacrons la matinée à Ouarzazate à quelques réparations, notamment
les deux galeries sur goutières des HDJ80 n'ont pas apprécié les vibrations des pistes de l'Atlas et
nécessitent quelques soudures. Egalement un relais pour les phares a lâché sur l'un des 80, mais nous ne
trouverons pas la pièce dans les deux boutiques de pièces auto disponibles en ville. Nous quittons la ville
peu avant midi, par la route de Marrakech; puis embranchement pour une petite route vers l'Est en direction
de Bou Tazoult. La traversée des mines de manganèse est impressionnante. Le sol, les bâtiments, les engins de
chantier, tout est noir. Pause déjeuner peu avant le début de la piste qui longe l'assif Alighane jusqu'à
Es Sour, au pied des versants Sud des montagnes de l'Atlas, dont les sommets nous sont cachés par un plafond
nuageux. D'Es Sour direction Tizgui, mais nous nous trompons de piste et grimpons jusqu'à un petit village
à flanc de montagne. Redescente, reprise de la piste qui grimpe a nouveau pour passage d'un joli col a 2200
mètres. Nous posons le bivouac peu avant l'arrivée sur le village d'Imlil sur
un petit renfoncement plat, les emplacements suffisamment larges n'étant pas légion sur ces
pistes de montagne. La nuit sera plus fraiche que notre
précédent bivouac mais agréable tout de même. Le lendemain matin, nouvelles réparation, sur la piste cette fois ci,
pour le changement
d'un amortisseur sur le 95. D'imlil, joli village de montagne perché dans une vallée encaissée, redescente
vers le Sud par la vallée de l'assif Tfnout. Avant d'arriver au village d'Igli, nous sommes bloqués
pas des travaux d'élargissement sur la piste. Peut etre est-ce également l'annonce d'une route prochaine sur ce trajet.
Une bonne heure avant que l'engin de chantier mette en place un passage qui permette de poursuivre.
Nous rencontrons également à nouveau plusieurs criquets au bord de la piste et sur les arbres avoisinants.
Avec le retard pris hier à Ouarzazate et ce matin pour les réparations, cette fois encore j'ai eu les yeux plus gros que le ventre.
Nous atteignons la bifurcation pour Askaoun vers 14h30 et devons être à Tata le soir même. Nous
décidons donc de rejoindre en passant par Aoulouz, et route par Igherm pour finir le trajet.
Nous arrivons à Tata peu avant la tombée de la nuit. Les couleurs de soleil couchant sur le djebel donnent
des teintes magnifiques. Hôtel sans intérêt à Tata, nourriture médiocre, mais bonne douche et
repos dans un vrai lit après le bivouac en montagne sont appréciables.
Environ 480 kilomètres dont 220 de route de Tata à Assa.
Deux journées. Bivouac dans l'oued Draa. Auberge à Tafnidilt.
Il est temps pour nous de quitter l'Atlas pour rejoindre la vallée de l'oued Draa.
Route sans difficultés pour rejoindre Assa, où nous effectuons les pleins d'essence
avant de prendre la piste.
La piste est d'abord roulante et bien tracée au départ d'Assa en direction
d'Aouinet Torkoz. Nous quittons la piste principale pour rejoindre le lit de l'oued
Draa une quarantaine de kilomètres après Assa. Petit passage étroit entre deux djebels
et nous voici dans la large vallée formée par le ruissellement de l'oued qui s'éparpille
en plusieurs branches parallèles. Le terrain devient alors plus sableux et très agréable.
Le sol est encore humide de pluies qui doivent être récentes, avec de nombreuses flaques
d'eau par endroits. Une piste assez bien marquée suit la rive droite de l'oued. Surprise,
certains bras de l'oued sont même entièrement en eau, c'est la première fois que nous avons
l'occasion de voir autant d'eau ici. Traversée de l'oued pour rejoindre l'autre rive, puis
retour un peu plus loin sur la rive nord. Plusieurs signes d'habitats anciens sur les rives :
cimetières, ruines de villages. Cette partie de la piste est vraiment très belle, et le sol
sableux nous change des pierres dures de l'Atlas. Bivouac près d'un bras de l'oued en fin de journée.
Malheureusement, le vent s'est levé et nous mangerons un peu de sable avec le repas du soir.
Le lendemain, reprise de la piste qui s'éloigne du lit de l'oued, impraticable en 4x4 sur cette partie,
pour la traversée Sud Nord du djebel Rich. Nous rejoignons l'oued par le lit d'un petit affluent.
Passage très encaissé, un peu trial mais finalement pas difficile.
Au bas de ce passage, une corde tendue au travers de la piste semble indiquer que la piste n'est
plus praticable. En effet, à nouveau dans l'oued Draa, les dernières pluies ont fait complètement
disparaître la piste. Il nous faudra alors tracer notre propre passage dans le lit de l'oued
sur une vingtaine de kilomètres. Attention alors aux risques d'enlisements là où il reste de l'eau,
et à quelques hautes marches en terre à franchir pour remonter du lit de l'oued vers les berges.
Quelques kilomètres avant de rejoindre le croisement de la route Guelmim - Tan Tan et de l'oued, nous
remontons un autre affluent vers le Nord, afin d'éviter le contrôle militaire de l'embouchure de l'oued.
Jolie piste, sans difficultés, bien tracée qui suit le lit de l'oued direction Nord sur une dizaine de kilomètres.
Petit bout de route alors jusqu'à hauteur de Tafnidilt et piste pour rejoindre l'ancien Fort et la nouvelle
auberge. C'est en fin de journée que se font les erreurs, en roulant dans l'oued peu avant l'auberge
sur une piste rendue boueuse et glissante par les pluies, je me ferais la peur de la journée, le 4x4 partant en travers
sur plusieurs dizaines de mètres sans que je ne puisse plus le controler. Mais pas de mal ni de casse.
Arrivée à Tafnidilt. Il y a du monde à l'auberge, mais il reste quelques chambres.
Très bon repas le soir. Leur tajine est très bien préparé. Le soir fête d'un mariage à l'auberge.
530 kilomètres, dont 330 de route de Sidi Ifni à Essaouira. Deux journées. Auberge à Fort Bou Jeriff
et hôtel à Essaouira.
Une étape différente pour ceux qui apprécient la côte de l'Océan Atlantique.
Nous prenons un petit bout de route en direction de Guelmim afin d'éviter la partie assez cassante de falaises
au nord de l'embouchure de l'oued Draa. A hauteur de Dar Ahmed Doua, piste roulante
sur la rive gauche de l'oued Aoreora
jusqu'à la côte. Belle descente ensablée depuis les falaises et traversée de l'oued au pied du fort sans difficultés.
Nous avons de la chance car
la marée est basse; lors d'un précédent voyage nous avions passé quelques heures à cet endroit
avec les pelles et plaques
à la suite d'un plantage dans les boues de l'oued qui devient piégeux lorsque la marée remonte.
Nous en profitons pous aller voir l'épave qui se trouve à deux kilomètres au Sud d'Aoreora.
Puis 30 kilomètres magnifiques sur la plage Blanche. Du bonheur à l'état pur, avec pour seules rencontres les
mouettes et un pêcheur venu avec sa mobylette. Nous roulons sur la plage le plus longtemps possible au Nord
jusqu'à ce que les falaises nous empêchent de poursuivre. Pause déjeuner sur la plage, et certains en profitent même
pour un petit bain. Mais l'eau de l'océan n'est pas chaude. L'après midi, retour sur les falaises jusqu'à
Foum Assaka, puis piste au milieu des plantations de figues de barbarie pour rejoindre Bou Jerif où nous arrivons
tôt dans l'après midi. L'occasion de remettre de l'ordre dans les véhicules et de profiter un peu du calme
des vacances. Nuit agréable dans les chambres de l'hôtel à Bou Jeriff qui sont vraiment superbes. Pour ceux
qui aiment le confort, c'est à essayer. Le tajine est également excellent, ainsi que l'entrée de brick.
Le lendemain, pour notre dernier petit bout de piste, nous rejoignons Sidi Ifni par la côte. De Sidi Ifni,
route vers Ouarzazate. Passant à Mirleft, nous décidons de nous arrêter déjeuner à l'auberge Les Trois Chameaux.
Je vous recommande cette étape dans un décor soigné,
où nous avons été très bien reçu malgré le fait que nous n'avions pas
réservé et que nous étions en pleine période de ramadan. Salades marocaines et poisson grillé au menu.
Après une journée de repos à Essaouira passée à flaner dans la medina et sur le port,
reprise de la route pour la remontée vers Tanger. Départ tôt le matin d'Essaouira afin de prendre le bateau
le soir même. Rien de particulier si ce n'est que nous avons été bloqué dans Tanger une bonne heure car le Roi
du Maroc y était venu pour une inauguration. Passage de la douane rapide. Bateau d'une compagnie espagnole
pour le retour. Traversée sans encombres. Nuit à l'hôtel à Algéciras puis à Biaritz pour la remontée vers
Paris en deux journées.
Arrivé sur Paris, je trouve au courrier une réponse de l'ANRT suite à la demande
d'autorisation pour les CBs qui m'indiquent qu'il leur faut mon numéro de passeport et 600 DH par véhicule
pour émettre les autorisations. Je ne donnerais pas suite et continuerai je pense lors des prochains voyage
à les planquer pour la douane.
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Textes et mise en page : Pascal Poublan
Photos : Nadine & Pascal Poublan
Dernière mise à jour :
27-08-2008